TAPA (Polynésie)

Le tapa est le nom générique donné aux étoffes d’écorce battue qui remplacent, dans certaines régions tropicales du globe, les matériaux tissés. Cet art retint l'attention des voyageurs des mers du Sud au xviiie siècle qui désignèrent d’un mot emprunté au polynésien, tapa, toutes les étoffes d’écorce battue, et qui en rapportèrent en Europe de nombreuses pièces. La technique de fabrication aurait accompagné les insulaires venant vers — 1300 d'Asie du Sud-Est pour s’installer dans les îles Tonga et Samoa. Jusqu'à la venue des Occidentaux, les Polynésiens ne disposaient que de cette étoffe, souvent fabriquée par les femmes, pour habiller aussi bien les hommes que les effigies des dieux, pour recevoir les nouveau-nés et servir de linceul aux morts, pour orner et séparer les espaces collectifs. Le tapa est une matière qui relie le monde des hommes et celui des dieux. Il joue aujourd'hui encore un rôle très important dans les cérémonies et les obligations sociales, notamment dans les échanges en Polynésie occidentale. Les tapa les plus souples sont fabriqués à partir du liber interne du mûrier à papier originaire de Chine, d’autres, plus rustiques, à partir de l’écorce de l’arbre à pain et de plusieurs sortes de figuiers. Supports d’identité, ils permettent à chaque société insulaire de marquer son style ethnique spécifique, les tapa portent des décors imprimés ou peints à main levée réalisés avec des colorants végétaux ou minéraux dont les styles varient d’une île à l’autre. En Mélanésie, l'écorce était surtout utilisée dans la fabrication des masques. Aujourd'hui en Océanie, le tapa est le témoin de la tradition. Il reste aussi un art très vivant.

—  Marie-Claire BATAILLE

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Marie-Claire BATAILLE, « TAPA (Polynésie) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 octobre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tapa-polynesie/