SAN DIEGO

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Située à l’extrême sud de la Californie, dans une vaste baie abritée de l’océan Pacifique par la péninsule de North Island, San Diego (3,33 millions d’habitants en 2017, dont 1,4 million dans la ville même), troisième agglomération de l’État et dix-septième à l’échelle du pays, constitue l’un des principaux maillons du cordon littoral urbanisé qui court de Los Angeles à la première ville mexicaine, Tijuana, dont elle n’est distante que de 25 kilomètres. Considérée comme le berceau de la Californie, elle doit son développement à son rôle dans la défense américaine et s’est ensuite orientée vers le tourisme.

États-Unis : carte administrative

Carte : États-Unis : carte administrative

Carte administrative des États-Unis. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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En 1542, les premiers Européens, des Espagnols, explorent la baie, alors habitée par les Amérindiens Kumeyaay. En 1602, celle-ci est baptisée San Diego par Sebastián Vizcaíno, un explorateur espagnol qui y fait célébrer la première messe catholique le jour de la fête de San Diego de Alcalá, deux jours après son arrivée. Peu convaincue par l’enthousiasme de Vizcaíno, la couronne d’Espagne attend 1769 pour y installer un poste militaire (le Presidio) ainsi que la mission San Diego de Alcalá, la première des vingt et une missions fondées par les Espagnols en Californie. Le village attire quelques colons mais vivote jusqu’à la guerre d’indépendance du Mexique (1821) qui entraîne la fermeture de la mission et sa transformation, en 1834, en municipalité (pueblo), un titre que San Diego perd quatre ans plus tard, faute d’une population suffisante. Le village est alors situé près du Presidio, à quelque 5 kilomètres du rivage, tandis que les terres alentour sont utilisées pour l’élevage extensif (ranching). En 1846, à la fin de la guerre américano-mexicaine, l’ensemble passe sous domination américaine et est intégré au nouvel État californien en 1850. San Diego compte alors 500 habitants et continue à végéter jusqu’à l’arrivée en 1867 d’Alonzo Horton, promoteur immobilier, qui décide d’édifier un nouveau quartier sur le rivage (New Town, l’actuel centre-ville), qu’il dote de quais pour développer l’activité portuaire : San Diego connaît enfin la croissance, confirmée par l’arrivée du train en 1885. Elle compte 16 000 habitants en 1890, dont de nombreux pêcheurs originaires de Chine, du Japon ou encore du Portugal.

L’entrée des États-Unis sur la scène Pacifique, notamment à la suite de l’acquisition d’Hawaii, de Guam et des Philippines (après la guerre hispano-américaine de 1898) et de l’ouverture du canal de Panamá (inauguré en 1914), va permettre à San Diego – dont la baie est particulièrement bien abritée – de s’imposer parmi les villes de la côte ouest comme le centre militaire névralgique, à la fois pour la marine et pour l’aviation. Dès 1898, l’US Navy s’installe à l’entrée de la baie, à Point Loma, puis sept autres bases navales sont localisées dans la baie dans les années 1920. Ces investissements lourds du pouvoir fédéral permettent à San Diego d’échapper à la crise des années 1930 et de s’affirmer comme centre de l’industrie aéronautique, notamment grâce à la firme Convair. La ville accueille en parallèle des expositions internationales (en 1915 puis en 1935) : elles permettent l’aménagement du parc Balboa, qui reste aujourd’hui le plus grand espace vert de la ville. San Diego passe ainsi de 39 000 habitants en 1910 à 334 000 en 1950.

L’industrie de la pêche participe à ce décollage économique. Dans les années 1950, la mise en conserve du thon représente la troisième activité de la ville après la marine et l’aviation, mais la concurrence étrangère et l’affirmation par le Mexique de sa zone de pêche exclusive entraînent le déclin progressif du secteur et la fermeture de la dernière conserverie en 1984. Au début des années 1990, le secteur militaire représente ainsi 20 p. 100 de l’économie locale, mais la fin de la guerre froide et la baisse des besoins en matériel militaire vont constituer un tournant pour la ville, qui va désormais s’orienter vers le tourisme, à la fois balnéaire et patrimonial.

Ce renouveau va particulièrement bénéficier au centre-ville, mis à mal par le départ des entreprises vers les banlieues dans les années 1970 (notamment l’activité commerciale vers Mission Valley) : mise en valeur du passé colonial à Old Town, site originel de la ville ; réhabilitation du Gaslamp District et de l’ancien quartier asiatique (Asian Pacific Thematic Historic District), témoignage de l’ancie [...]

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Pour citer l’article

Laurent VERMEERSCH, « SAN DIEGO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/san-diego/