ESPRIU SALVADOR (1913-1985)

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La vie du poète catalan Salvador Espriu, né à Santa Coloma de Farnés (Gérone) se partage d'emblée entre Barcelone, où son père exerce sa charge de notaire, et Arenys de Mar, la « petite patrie » qu'il évoque sous l'anagramme de « Sinera » et qui restera liée, dans son univers intime, aux souvenirs d'une enfance d'abord heureuse mais bientôt marquée par un contact précoce avec la mort, puisqu'il perd un frère et une sœur et manque lui-même mourir à l'âge de dix ans.

C'est dans l'ambiance particulièrement stimulante de la période républicaine qu'il mène de front des études de lettres, de droit et d'histoire ancienne. Il a pour camarade le jeune poète majorquin Rosseló Porcel à qui l'unit une étroite amitié et dont la mort, en 1938, le touche à nouveau profondément. C'est donc un esprit déjà assombri par les deuils qu'achèvent d'accabler le désastre de la guerre civile et l'intense processus de décatalanisation mené par les vainqueurs. Il y aura désormais peu à dire sur la vie très retirée de ce célibataire, utilisant presque uniquement à écrire les rares loisirs que lui laisseront ses divers emplois de juriste.

Espriu avait déjà fait paraître, avant la guerre, divers récits dont le plus connu est Laia (1932), tableau fort sombre — situé « peut-être à Sinera » — de la vie d'une fille de pêcheurs. Il publie en 1946 sa première œuvre poétique, Cimetière de Sinera (Cementiri de Sinera), suite de courts poèmes lyriques consacrés à la contemplation d'Arenys, depuis le cimetière qui domine la petite ville et où reposent les siens. De la même époque datent les Chansons d'Ariane (Cançons d'Ariadna, 1949), autre « regard en arrière » jeté sur la Sinera d'autrefois, mais dans une perspective surtout satirique. Espriu a donné entre-temps une œuvre théâtrale essentielle, Première Histoire d'Esther (Primera Historia d'Esther, 1948), où l'anecdote biblique, comme souvent chez lui, rejoint fréquemment l'histoire la plus contemporaine.

Espriu publie ensuite Les Heures (Les Hores, 1952) et Mrs. Death (1952), Le Voyageur et le mur (El Caminant i el mur, 1954) et Fin du Labyrinthe (Final [...]


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Écrit par :

  • : agrégée de l'Université, assistante à l'U.E.R. d'études ibériques de l'université de Paris-Sorbonne

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Pour citer l’article

Denise BOYER, « ESPRIU SALVADOR - (1913-1985) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 08 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/salvador-espriu/