SAINT-DIZIER, archéologie

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Au début de l'année 2002, un habitat carolingien ainsi que trois riches sépultures mérovingiennes ont été fouillés au sud-est de Saint-Dizier (Haute-Marne). Si une grande partie de l'habitat était déjà bien documentée par des fouilles menées de 1991 à 1993, en revanche la découverte de sépultures fut inattendue. Ces inhumations comprennent deux tombes masculines et une féminine, et une sépulture de cheval.

Saint-Dizier : tombe mérovingienne

Saint-Dizier : tombe mérovingienne

photographie

Des fouilles archéologiques menées en 2002 au sud-est de Saint-Dizier ont permis de découvrir deux tombes masculines et une féminine, ainsi qu'une sépulture de cheval. L'inhumation de chevaux, coutume d'origine germanique pratiquée en Thuringe à partir du Ve siècle, se développe au siècle... 

Crédits : V. Peltier/ INRAP 2002

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Chacune des tombes masculines se présente comme une chambre funéraire excavée, tapissée de planches. À l'intérieur, le défunt avait été déposé habillé avec armes et objets personnels dans un cercueil en bois à armatures en fer posé sur des rondins. Dans le reste de la chambre funéraire se trouvait également de la vaisselle en bronze et en verre.

La femme avait été inhumée dans un cercueil déposé dans une simple fosse. Les nombreux bijoux retrouvés sur son corps attestent pourtant un rang social élevé.

L'aménagement des sépultures ainsi que la richesse des objets permettent de voir dans ce gisement funéraire les tombes de personnages faisant partie de l'aristocratie franque, vraisemblablement des représentants locaux du pouvoir royal.

Cette découverte s'intègre en effet dans un faciès archéologique caractéristique des ve-vie siècles, marqué par des tombes de riches guerriers, appelées tombes de chefs par les archéologues. Leur aménagement est souvent similaire et le dépôt funéraire paraît obéir à des rituels précis. Dans certains cas, comme à Saint-Dizier, un ou plusieurs chevaux sont également enterrés à proximité du guerrier.

Si la fouille est achevée, la recherche n'en est qu'à ses débuts : l'étude du mobilier ainsi que l'analyse des nombreux restes organiques permettront de préciser les aménagements funéraires et d'affiner encore la datation proposée (première moitié du vie siècle). Cette phase de recherche permettra de répondre en partie aux questions qui subsistent : existe-t-il des liens familiaux ou hiérarchiques entres ces individus ? Ont-ils été inhumés en même temps ou à quelques années d'intervalle ? S'agit-il de sépultures isolées, ou bien y aurait-il une nécropole toute proche, qui reste encore à localiser ?

L'occasion de fouiller de tels sites est exceptionnelle et les résultats devraient enrichir considérablement les connaissances sur l'occupation humaine dans ce secteur de Saint-Dizier.

—  Marie-Cécile TRUC, Cécile PARÉSYS

Écrit par :

  • : archéologue à l'Institut national de recherches archéologiques préventives
  • : anthropologue à l'Institut national de recherches archéologiques préventives

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Autres références

«  SAINT-DIZIER, archéologie  » est également traité dans :

AUSTRASIE, LE ROYAUME MÉROVINGIEN OUBLIÉ (exposition)

  • Écrit par 
  • Jean-Paul DEMOULE
  •  • 980 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Un puissant royaume »  : […] Pourquoi à Saint-Dizier ? Parce qu’en 2002 trois tombes particulièrement riches, celles de deux hommes et d’une jeune femme appartenant à l’aristocratie franque, y furent découvertes (site de La Tuilerie) lors d’une fouille préventive de l’INRAP. Datées du milieu du vi e  siècle de notre ère, elles contenaient de nombreuses armes, des bijoux et de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/austrasie-le-royaume-merovingien-oublie/#i_35159

Pour citer l’article

Marie-Cécile TRUC, Cécile PARÉSYS, « SAINT-DIZIER, archéologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/saint-dizier-archeologie/