SABATIER ROBERT (1923-2012)

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L'écrivain Robert Sabatier est né à Paris le 17 août 1923. Les innombrables lecteurs de son « roman d'Olivier » (successivement Les Allumettes suédoises, 1969 ; Trois Sucettes à la menthe, 1972 ; Les Noisettes sauvages, 1974 ; Les Fillettes chantantes, 1980 ; La Souris verte, 1990 ; Olivier et ses amis, 1993 ; Olivier 1940, 2003 ; Les Trompettes guerrières, 2007) ont d'emblée reconnu en lui un écrivain populaire, au sens le plus généreux du terme. Dans ce cycle, l'auteur ne déserte jamais un réalisme solide fondé sur les souvenirs vécus. L'émotion directe y affleure sans insistance. Elle est provoquée par les difficultés d'un enfant qui découvre le monde, après la mort de ses parents. C'est ainsi que le héros du Cygne noir (1995) s'affronte à l'image du père inconnu. Pour cocasses qu'ils apparaissent souvent, les personnages de Robert Sabatier fleurent l'authenticité, d'autant plus que l'auteur se veut la mémoire exacte d'une époque révolue : les années 1930, à Montmartre, par exemple, avec son « drôle de monde » qu'il s'efforce de recréer jusqu'à recourir à de fréquents inventaires (les films du moment, les acteurs oubliés, les publicités d'alors, les modes langagières, etc.). Alain Bosquet pourra parler avec justesse d'un « néo-naturalisme romantique », appréciation que contredit, à l'occasion, tel ou tel autre roman naviguant dans le genre picaresque (La Sainte Farce, 1960) ou le conte fantaisiste et merveilleux (Les Enfants de l'été, 1978 ; Le Lit de la merveille, 1997).

À côté de son œuvre romanesque, Robert Sabatier n'a cessé de s'intéresser passionnément à la poésie, avec une belle fécondité d'historien et de poète. Son Histoire de la poésie française (neuf volumes parus de 1975 à 1988) est devenue un monument très important de l'histoire littéraire française. Robert Sabatier y fait montre d'une largeur de vues peu commune, d'une grande hardiesse à sortir de l'ombre les poètes méconnus de toutes époques, d'une absence de dogmatisme, enfin, qui lui permet de rendre compte tout aussi sereinement des traditions qui se perpétuent et des ruptures éclatantes. « Le poème, seul prince », dit l'historien qui confère explicitement au genre poétique une fonction libératrice.

L'œuvre poétique de Robert Sabatier compte de nombreux recueils, parmi lesquels Les Fêtes solaires (1955), Les Poisons délectables (1965), Icare et autres poèmes (1976), L'Oiseau de demain (1981), Écriture (1993), Les Masques et le miroir (1998). Très sensible à l'éclatement de la parole, caractéristique de la poésie du xxe siècle, Robert Sabatier fait volontiers profession de chercher à « opérer un rassemblement, une réédification, une reconstruction de la parole ». Il se veut un poète influencé par tous les autres, qu'il connaît si bien, et non par la toute dernière avant-garde que, pour autant, il n'ignore pas. Sa poésie est, le plus souvent, régulièrement rythmée, parfois rimée. Dans ce mode traditionnel, elle se fait l'écho des angoisses que peut à bon droit susciter notre époque. Robert Sabatier fut membre de l'académie Goncourt de 1971 jusqu'à sa mort, survenue le 28 juin 2012.

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Jacques JOUET, « SABATIER ROBERT - (1923-2012) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-sabatier/