REYKJAVIK

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Située dans le sud-ouest de l’Islande, dans la baie de Faxaflói, à 250 kilomètres du cercle polaire arctique, Reykjavik est la plus nordique des capitales. Elle bénéficie d'un climat subpolaire océanique. La température annuelle moyenne y est de 4,5 0C, en raison de l’influence de la dérive nord-atlantique, un courant chaud qui prolonge le Gulf Stream.

Islande : carte administrative

Carte : Islande : carte administrative

Carte administrative de l'Islande. 

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Le nom littéral de Reykjavik (« baie des fumerolles ») tient à la situation de la ville, sur la dorsale médio-atlantique, relief sous-marin où s’affrontent deux plaques tectoniques majeures. À Reykjavik, le chauffage et le réseau d’eau chaude sont d’origine géothermique. La culture du bain chaud en plein air y est en outre très présente, au cœur de la vie sociale, comme dans l’ensemble du pays.

Selon le Landnámabók (manuscrit décrivant la colonisation de l’Islande), les premiers colons norvégiens seraient arrivés dans la région de Reykjavik à la fin du ixe siècle. Jusqu’au xviiie siècle, Reykjavik s’apparente à un gros village agricole et de pêcheurs. Une petite industrie (construction navale, industrie de la laine, exploitation du soufre) se développe ensuite, sous l’égide des colons danois. En 1845, l'Althing (le Parlement islandais) est rétabli à Reykjavik, qui devient le siège politique du pays. L’Islande passe du statut de colonie danoise à celui d’État souverain en 1918, puis elle devient une république indépendante le 17 juin 1944, avec pour capitale Reykjavik.

Le véritable développement de la capitale, qui démarre au xxe siècle, s’accélère après la Seconde Guerre mondiale. Les effets économiques de l'occupation américaine furent en effet très positifs pour la ville ; l’aéroport international de Keflavík, par exemple, fut construit par les États-Unis. Comme ailleurs en Europe, l’après-guerre en Islande est marquée par un fort exode rural et la croissance rapide de la capitale. Le développement économique s’intensifie : industrie pharmaceutique, informatique, fret maritime – avec l’aménagement d’un second port, Sundahöfn, au sud de la ville –, télécommunications, énergie… À partir des années 1990, la fonction bancaire devient prépondérante. Le secteur financier florissant stimule l’économie et, pendant presque deux décennies, une bulle spéculative et immobilière se développe à Reykjavik jusqu’à ce que la crise des subprimes de 2007 mette brutalement fin à la croissance. La ville devient cependant une destination touristique de plus en plus prisée. Ainsi, alors qu’elle accueillait à peine trois cent mille touristes en 2000, ils étaient plus de deux millions en 2016.

Reykjavik, Islande

Photographie : Reykjavik, Islande

Capitale et seule grande ville de l'Islande, Reykjavik a connu au XXe siècle une croissance rapide. Vue de la ville depuis la Hallgrimskirkja, qui fut le plus haut bâtiment du pays jusqu'en 2008. 

Crédits : Jon Arnold Images/ hemis.fr

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L’agglomération de Reykjavik concentre les deux tiers de la population nationale (213 619 habitants à Reykjavik en 2016 pour 332 529 dans l’ensemble de l’Islande). La ville domine ainsi un système urbain macrocéphale. La population de Reykjavik est en outre l’une des plus jeunes populations urbaines d’Europe.

N’ayant connu qu’une croissance limitée jusqu’à l’après-guerre, la ville possède un centre historique très restreint. Le quartier 101, autour de Laugavegur, l’artère principale, abrite les maisons et immeubles les plus anciens, rarement antérieurs au milieu du xixe siècle. C’est à partir des années 1990 et de la poussée économique que la croissance urbaine s’accélère. Reykjavik connaît alors l’un des plus importants développements périurbains des villes d’Europe. La quasi-absence de transports en commun entraîne une organisation de l’espace périurbain fondé sur la métrique automobile. Il en résulte une ville très étalée, peu dense. Reykjavik engage dans les années 2000 des travaux pharaoniques très contestés, notamment la construction de Harpa, une salle de concert et de congrès sur le vieux port. La crise économique a mis un coup d’arrêt à la plupart des projets d’aménagement, parmi lesquels celui du vieux port, dont Harpa sera l’unique achèvement. En lointaine banlieue, on peut observer les premiers signes du processus de rétraction périurbaine : lotissements fantômes jamais terminés, déprise.

Reykjavik est le foyer d’une culture urbaine scandinave alternative. « Ville de littérature » au sein du réseau des villes créatives de l’UNESCO depuis 2011, Reykjavik accueille l’un des plus importants festivals européens de littérature et possède un patrimoine inestimable en matière de littérature médiévale.

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  • : maître de conférences en géographie, aménagement de l'espace et urbanisme à l'université de Paris-IV-Sorbonne, agrégée de géographie

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Pour citer l’article

Estelle DUCOM, « REYKJAVIK », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/reykjavik/