BIANCHI BANDINELLI RANUCCIO (1900-1975)

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Né à Sienne, Ranuccio Bianchi Bandinelli enseigne l'archéologie classique, à partir de 1929, dans diverses universités, à Cagliari, à Groningue, à Pise, à Florence et en 1957 à Rome, ville où il terminera sa vie. Cette carrière universitaire est interrompue en 1943-1944 lors de son passage à la résistance clandestine, de 1945 à 1947 par sa nomination à la Direction générale des beaux-arts, enfin en 1964 par sa retraite anticipée.

Toscan d'origine, issu d'une illustre famille de Sienne, Ranuccio Bianchi Bandinelli se consacre d'abord à l'étruscologie, à des études topographiques et archéologiques : ses recherches ultérieures seront toujours fondées sur une solide connaissance des monuments et des objets. Un gros mémoire sur le site étrusque de Chiusi lui servit de thèse en 1925 ; à ce travail succèdent les publications d'architecture et de peinture, de nombreux articles pour les Studi etruschi. Sa participation aux travaux de la carte archéologique de l'Italie est importante.

Mais, sous l'influence de Benedetto Croce, philosophe et théoricien de l'art, sous celle aussi de savants allemands comme G. Rodenwaldt, il sent de bonne heure la nécessité de fonder l'histoire de l'art sur une étude critique de la « forme artistique ».

Cependant il demeure concret par tempérament : se définissant comme un « archéologue historien » il s'attache autant aux documents qu'aux conclusions historiques. Fondateur de la Critica d'arte en 1935, des Quaderni per lo studio dell'archeologia en 1938, il regroupe, en 1943, les principaux de ses articles, de vrais mémoires, dans sa Storicità dell'arte classica, au titre significatif : au-delà de la description des œuvres, il conclut sur le goût, le style d'une époque, qu'il analyse à la lumière des conditions historiques.

C'est à partir des années 1950 que Bianchi Bandinelli s'intéresse avec prédilection aux crises politiques, morales et sociales, artistiques aussi, qui secouèrent l'Empire romain au iiie siècle de notre ère et au cours des siècles suivants. Il aborde ce problème par un travail magistral, paru en 1955, où prévaut l'étude « philologique » des documents, Hellenistic-Byzantine Miniatures of the Riad : il interprète un manuscrit illustré, l'Iliade ambrosienne, comme une compilation d'images exécutées vers 500 dont certaines se rattachent à la tradition hellénistique, d'autres procèdent de l'art romain, d'autres enfin annoncent le premier âge byzantin.

Archeologia e Cultura, paru en 1961, est aussi un recueil de gros articles. Le premier, qui donne son nom au recueil, est, en quelque sorte, un manifeste en faveur d'une analyse de type marxiste, très raffinée, qui fait place à toutes les données de l'histoire et de la sociologie. Il prône une culture moderne qui engloberait la connaissance de l'Antiquité, sauverait les méthodes de recherche élaborées par la culture traditionnelle et, par-delà toutes les techniques, aboutirait à un nouvel humanisme.

Préoccupé de faciliter l'étude du monde classique aux nouvelles générations, qui vivent dans des conditions sociales transformées, il donne une grande part de son temps à la direction de l'Enciclopedia dell'arte classica e orientale (sept volumes parus de 1958 à 1967). Il fonde et anime, à partir de 1967, avec de jeunes archéologues les Dialoghi di archeologia, vifs parfois, toujours vivants et enrichissants, qui suscitent des tables rondes et des colloques.

Les lecteurs français ont facilement accès à l'œuvre de Bianchi Bandinelli grâce aux trois volumes de synthèse qu'il a donnés entre 1969 et 1973, chez Gallimard, dans la collection de L'Univers des formes : Les Étrusques et l'Italie avant Rome ; Rome, le centre du pouvoir, et Rome, la fin de l'art antique. Cette œuvre, aussi riche d'idées que de documents, est le fruit d'une vie de recherche. L'auteur a abordé dans ces ouvrages les différents problèmes qui n'ont cessé de le passionner : le rôle des arts italiques, et pas seulement de l'art étrusque, aux origines de l'art romain ; la continuité d'une tradition hellénistique qui traverse tout l'art romain avant de se dissocier ; les crises successives de cet art à partir des Sévères ; l'existence auprès de l'art officiel d'un art parallèle, qualifié à tort ou à raison de « plébéien » ; le caractère particulier des arts provinciaux qui, prenant le dessus, donneront naissance aux arts du haut Moyen Âge. Dans les dernières semaines de sa vie, il travaillait à une série d'essais dont le titre, Dall'Ellenismo [...]

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Écrit par :

  • : professeur honoraire à l'université de Paris-Sorbonne, membre de l'Institut

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Pierre DEMARGNE, « BIANCHI BANDINELLI RANUCCIO - (1900-1975) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ranuccio-bianchi-bandinelli/