PROSCRIPTION DU BOUDDHISME (Chine)

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La grande proscription des cultes étrangers en Chine qui débute en 842 frappe surtout le bouddhisme, qui a atteint son apogée sous la dynastie Tang. Appelée aussi « persécution de Huichang », du nom de la période de règne de l'empereur Wuzong (841-846), elle touche aussi le manichéisme, la religion des Ouïghours qui menaçaient la Chine. Les documents chinois fournissent peu d'informations sur cet événement, qui nous est mieux connu grâce au journal de voyage du moine japonais Ennin. Comme pour les précédentes proscriptions remontant à 446 et 574, les raisons de ces persécutions étaient plus économiques et politiques que religieuses, même si le clergé taoïste eut aussi son rôle. Économiques, car les monastères bouddhiques avaient accumulé des richesses sans précédent et les membres du clergé bénéficiaient d'exemptions de taxes, de corvées et de service militaire, qui attiraient des laïcs seulement soucieux d'avantages matériels. Politiques, car le gouvernement central craignait la constitution de contre-pouvoirs occultes aux mains des religions étrangères. Au sein du palais, deux factions rivales se servaient des religions dans leur lutte : d'un côté l'empereur et les lettrés pétris de confucianisme, de l'autre les eunuques favorables au bouddhisme. Expulsions, expropriations et laïcisations massives ne prirent fin qu'à la mort de Wuzong. Dès le règne de son successeur, le bouddhisme a toutefois trouvé les moyens de sa renaissance.

—  Catherine DESPEUX

Écrit par :

  • : professeur émérite à l'Institut national des langues et civilisations orientales

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Pour citer l’article

Catherine DESPEUX, « PROSCRIPTION DU BOUDDHISME (Chine) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/proscription-du-bouddhisme/