POINT MORT, comptabilité

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Toute activité économique de production entraîne deux sortes de coûts : des coûts fixes, indépendants (dans un certain intervalle) de la quantité produite, et des coûts variables, proportionnels à cette quantité.

Pour simplifier, les praticiens se contentent d'une approximation linéaire du problème ; les coûts variables sont proportionnels à la quantité produite (fonction linéaire), donc le coût total (somme des coûts fixes et variables) est une fonction affine de la quantité produite, dont l'ordonnée à l'origine est le coût fixe. Le chiffre d'affaires, considéré comme le produit du prix de vente unitaire par le nombre d'unités du bien vendues, est nul pour une production et une vente nulles ; il est une fonction linéaire de la quantité vendue, confondue, pour simplifier, avec la quantité produite.

Il résulte de ce qui précède qu'une activité économique de volume trop faible est déficitaire, les coûts l'emportant nécessairement sur le chiffre d'affaires. Le point mort est le seuil de dimension minimale à partir duquel une activité est rentable et passe de la zone de perte à la zone de bénéfice.

Le raisonnement du point mort, fait par les praticiens, est donc beaucoup plus approximatif que le calcul à la marge des économistes, qui ne linéarise pas le problème ; il est aussi moins ambitieux, puisqu'il cherche seulement à déterminer la position d'un minimum et non pas celle d'un optimum. Cependant, il est susceptible d'applications nombreuses et commodes. On peut ainsi, dans une entreprise où les ventes sont à peu près régulières dans le temps, fixer la progression du montant cumulé des ventes qui doivent être réalisées pour que le point mort soit atteint avant la fin de l'exercice ; il est donc possible de surveiller l'avance ou le retard de l'entreprise sur ce minimum. On peut également déterminer le montant minimal des ventes qui doivent être réalisées pour couvrir le coût d'une éventuelle combinaison productive nouvelle (investissement) et vérifier s'il est compatible avec la capacité d'absorption du marché. Il est enfin possible de déterminer les effets sur la rentabilité d'une variation de tel coût de production, ou de tel prix de vente.

Instrument approximatif, le point mort permet du moins de dégrossir les problèmes ; d'emploi très simple, il est fréquemment utilisé.

—  Pierre LASSÈGUE

Écrit par :

Classification

Pour citer l’article

Pierre LASSÈGUE, « POINT MORT, comptabilité », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/point-mort-comptabilite/