PLEINE LUNE (A. Muñoz Molina)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Parmi les écrivains de sa génération, Antonio Muñoz Molina, né en 1956 à Úbeda (Jaén), a obtenu une notoriété particulière avec la publication de Beatus ille (1986) et surtout de El jinete polaco (Le Cavalier polonais, 1991), qui reçut, en Espagne, le prix Planeta et le prix national de littérature. Il fut élu dès 1996 à la Real Academia Española.

Pleine Lune (Plenilunio, 1997, trad. Philippe Bataillon, Seuil, Paris, 1998) est son septième roman. L'auteur y poursuit l'analyse de la détresse, de la souffrance ou de la veulerie humaines, atténuée parfois par quelques traits d'humour ou d'humeur, qui paraît être le fil le plus constant de son inspiration. Le contexte social ou politique de l'Espagne, où l'auteur inscrit fortement son propre idéal libéral et démocratique, n'est jamais oublié

Dans une petite ville du sud de l'Andalousie, un crime vient d'être commis : une fillette, Fatima, a été découverte sans vie sur le talus du parc, dénudée, sa culotte enfoncée dans la gorge, portant encore aux pieds ses socquettes blanches. L'inspecteur chargé de l'enquête vient d'être muté de son poste au Pays basque, où il a connu la violence du terrorisme ; des lettres anonymes le menaçaient de mort. Dans le froid de l'automne, inlassablement, il parcourt la ville, épiant les regards afin d'y découvrir l'expression singulière de l'auteur de ce meurtre odieux. Car « quiconque a provoqué cette agonie, y a assisté, ne peut plus regarder comme n'importe quel autre être humain. Dans ses pupilles doit bien rester un reflet, un résidu, une étincelle de la terreur installée dans ces yeux d'enfant ». Dans ce récit, où la communication entre les êtres est si difficile, on guette, on scrute, on surveille. Tout se passe dans le regard.

L'inspecteur se lance dans sa recherche d'une manière obsessionnelle, comme poussé par un désir de vengeance personnelle. Atteinte d'un trouble mental, sa femme, qu'il a cessé d'aimer, a été internée dans une clinique psychiatrique. Le père Orduña, dont il fut jadis l'élève au collège des jésuites, et le doct [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : professeur émérite des Universités, membre correspondant de la Real Academia Española

Classification

Pour citer l’article

Bernard SESÉ, « PLEINE LUNE (A. Muñoz Molina) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pleine-lune/