LACENAIRE PIERRE FRANÇOIS (1800-1836)

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Bien éclipsée pendant un siècle par tant d'autres criminels aussi effrayants et plus récents, la figure de Lacenaire est sortie de l'ombre grâce aux Enfants du paradis de Prévert et Carné. Fils d'honorables commerçants établis près de Lyon, élève au lycée de cette ville puis au petit séminaire d'Alès dont il est chassé, Lacenaire entame sa licence en droit à Chambéry. Ses indélicatesses et ses débauches le contraignent à chercher refuge à Paris en 1825. Il sait s'y faire accueillir par les journaux de l'opposition. Mais un duel malheureux, en 1829, avec un neveu de Benjamin Constant, qu'il tue, le prive de ressources ; il vole et revend alors un cabriolet, ce qui lui vaut un an de prison purgé à Poissy. Il fait là, dira-t-il, son « université criminelle » et, dès sa sortie, fonde une association de malfaiteurs. Il encourt bientôt une nouvelle condamnation en 1832 et c'est en prison qu'il écrit une ballade qui le rend célèbre, Pétition d'un voleur à un roi, son voisin. Cela lui vaut d'entrer au journal Le Bon Sens (dirigé par Altaroche, un détenu politique) où il publie un article remarqué sur le régime pénitentiaire, Les Prisons et le régime pénitentiaire : Lacenaire y décrit l'initiation criminelle et les mœurs infâmes qui sont de règle dans les maisons centrales. Sans argent, il décide d'égorger les garçons de recettes des banques au retour de leur tournée. Au deuxième crime, sa tentative échoue. Il est identifié et arrêté par le célèbre policier Canler en 1835. Les assises de la Seine le condamnent à mort. En attendant son exécution, il écrit ses Mémoires et révélations qui dénotent un indéniable don littéraire ; il reçoit dans sa cellule la haute société parisienne, « émerveillée par son éducation et son talent », qui vient solliciter des autographes. Il est exécuté le 9 janvier 1836, refusant les prières de l'aumônier, lui qui avait écrit : Dieu, le Néant, notre âme, la Nature / C'est un secret. Je le saurai demain.

—  Marcel LE CLÈRE

Écrit par :

  • : docteur en droit, commissaire divisionnaire de la ville de Paris, ancien chargé de cours à l'Institut de criminologie et à l'Institut international d'administration

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  • Pierre GUIRAUD
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Dans le chapitre « Le milieu »  : […] Le plus ancien document de la littérature jargonnesque est constitué par six ballades en jargon jobelin écrites par Villon et qui figurent en appendice de son œuvre. Voici la première strophe de la première de ces ballades :  Aparouart la grant mathegaudie  Ou accolez sont duppez et noirciz  Et par les anges suivants la paillardie  Sont greffiz et print cinq ou six  Là sont bleffleurs au plus haul […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/argot/#i_6271

Pour citer l’article

Marcel LE CLÈRE, « LACENAIRE PIERRE FRANÇOIS - (1800-1836) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-francois-lacenaire/