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BROSSOLETTE PIERRE (1903-1944)

Né à Paris le 25 juin 1903 dans une famille d'enseignants républicains, Pierre Brossolette entre premier à l'École normale supérieure en 1922. En juin 1925, il est reçu deuxième à l'agrégation d'histoire.

Au long des années 1920, Pierre Brossolette milite assidûment pour la Société des Nations, le rapprochement franco-allemand et l'idée de fédération européenne. Il fait partie des groupes de jeunes intellectuels proches du radicalisme qui réfléchissent à la modernisation administrative, économique et sociale de la France. Entré à la Grande Loge de France en 1927, membre de la Ligue des droits de l'homme et de la L.I.C.A. (Ligue internationale contre l'antisémitisme), il se signale très tôt par ses engagements humanistes.

Déçu par le manque d'ambition réformatrice du Parti radical, il adhère à la S.F.I.O., fédération de la Seine, au printemps de 1930. De 1932 à l'été de 1939, et malgré ses échecs aux élections cantonales de 1934 et législatives de 1936, il milite activement à la tête de la fédération socialiste de l'Aube. Membre successivement du groupe planiste Révolution constructive, de la Bataille socialiste, puis de la tendance « Agir » des antimunichois de la S.F.I.O., il participe aux difficiles débats doctrinaux qui agitent son parti dans les années 1930.

Devenu journaliste dès 1926, il s'impose comme un spécialiste de la politique internationale, dans les colonnes, notamment, de Notre Temps, de L'Europe nouvelle et du Populaire, ainsi qu'au micro de la radio d'État de l'automne de 1936 à l'hiver de 1939. Hostile au fascisme italien dès 1927, avertissant ses lecteurs contre le nazisme à partir de 1930, lucide sur la diplomatie soviétique, la duplicité germano-italienne en Espagne et la stratégie nazie en Europe centrale, il met cependant près de dix années pour renoncer définitivement aux idéaux briandistes. De l'automne de 1938 à la déclaration de guerre, cet antimunichois farouche se signale en revanche par son discours très ferme en faveur de « l'esprit de résistance ».

Patriote et conscient du caractère mondial de la lutte pour la liberté, désireux de lutter contre le nazisme et le régime de Vichy, Pierre Brossolette rejoint le groupe de résistance dit « du Musée de l'Homme » en mars 1941 puis entre en contact avec les socialistes résistants de la zone occupée. Membre du réseau de la Confrérie Notre-Dame du colonel Rémy en novembre 1941, il établit la liaison entre Londres et les deux principaux mouvements de résistance du nord de la France, l'O.C.M. (Organisation civile et militaire) et Libération-nord durant l'hiver de 1941-1942 ; en zone libre, il a des contacts avec les mouvements Combat et Libération-sud, ainsi qu'avec le groupe Pierre Bertaux à Toulouse.

Parvenu à Londres au printemps de 1942, fort de son expérience politique, de son incontestable patriotisme et de son statut de précurseur de la Résistance, riche de son excellente connaissance du combat de l'ombre et de la France occupée, cet intellectuel brillant et charismatique s'impose rapidement parmi les décideurs de la France libre. Le 1er octobre 1942, il devient numéro deux des services secrets de la France combattante, le Bureau central de renseignements et d'action (B.C.R.A.). Compagnon de la Libération et membre du Conseil de l'ordre dès octobre 1942, il appartient au saint des saints des forces gaullistes, sans abdiquer pour autant sa lucidité sur l'homme du 18 juin.

Après avoir été, durant l'automne de 1942, au sein du B.C.R.A., l'un des meilleurs alliés de Moulin alors en mission en zone sud, il repart pour la France le 27 janvier 1943. Il coordonne l'action civile et militaire des cinq plus importants mouvements de résistance de zone nord, favorisant la formation, en mai 1943, du Conseil national de la Résistance[...]

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Écrit par

  • : diplômé de Supélec et de l'Institut d'études politiques de Paris, docteur ès lettres et sciences humaines (histoire), directeur adjoint de l'Institut d'études politiques de Paris

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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