PARNY ÉVARISTE DÉSIRÉ DE FORGES DE (1753-1814)

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Le chevalier, puis vicomte de Parny a été surnommé en son temps le Tibulle français. Il est connu comme poète érotique et fit parfois scandale par ses tableaux licencieux. Il est né à l'île Bourbon, comme son contemporain Bertin. Parny appartient à l'une des premières familles de la colonie. À l'âge de neuf ans, on l'envoie en France faire ses études au collège de Rennes. Puis il va à Paris, à l'École militaire, où il passe trois années au milieu d'une société brillante et dissipée. D'un caractère mobile, il est prompt à l'enthousiasme. Sa famille le rappelle alors à l'île Bourbon (1773). Il a vingt ans. Il conçoit pour une jeune fille de l'île une passion d'autant plus propre à nourrir son inspiration poétique qu'elle est contrariée. Désespéré de ne pouvoir épouser celle qu'il aime, il revient en France (1775-1776). En 1778, il publie un recueil de Poésies érotiques, dont la versification est harmonieuse. En 1785, il part comme aide de camp à Pondichéry. À son retour (1786), il mène une vie facile, un peu abandonnée à la paresse et à la sensualité. Il publie quelques recueils de vers : Tableaux, La Journée champêtre, Fleurs. À partir de 1795, il occupe divers emplois dans l'administration. En 1799, il publie un grand poème en dix chants, La Guerre des dieux, qui fait scandale par ses audaces diverses.C'est un témoignage sur les mœurs dissolues du Directoire autant que sur l'impiété philosophique de l'auteur. Par la suite, il poursuit dans cette voie licencieuse et refond son poème sous le nom de La Christianide, histoire travestie du christianisme. (Le gouvernement de la Restauration fera acheter le manuscrit pour le détruire.) En 1803, Parny est reçu à l'Académie. L'Empereur lui accorde une pension.

Dans les manuels littéraires, la fortune posthume de Parny culmine dans son influence capitale sur le jeune Lamartine. Et pourtant il gardera des amateurs jusqu'au xxe siècle ; parmi eux Maurice Ravel qui, en 1925-1926, composera ses Chansons madécasses sur des textes de Parny ; la première d'entre elles, chant de guerre anticolonialiste, gardera encore assez d'actualité pour déclencher une certaine émotion lors de la première audition.

—  Denise BRAHIMI

Écrit par :

  • : ancienne élève de l'École normale supérieure de Sèvres, professeure agrégée des Universités (littérature comparée), université de Paris-VII-Denis-Diderot

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BERTIN ANTOINE DE (1752-1790)

  • Écrit par 
  • Édouard GUITTON
  •  • 523 mots

Comme Chabanon, Léonard et Parny, comme plus tard Leconte de Lisle, le chevalier de Bertin est né sous les tropiques (à l'île Bourbon). Son œuvre est mince, mais elle mérite de survivre à l'oubli. Transplanté en France dès l'âge de neuf ans, il y mène bientôt la vie facile et dissipée des jeunes officiers nobles de l'Ancien Régime. S'il s'était contenté de ciseler de charmants petits riens pour L […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/antoine-de-bertin/#i_5583

Pour citer l’article

Denise BRAHIMI, « PARNY ÉVARISTE DÉSIRÉ DE FORGES DE - (1753-1814) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/parny-evariste-desire-de-forges-de/