OUAGADOUGOU

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Ouagadougou, capitale et première ville du Burkina Faso, fut fondée au xve siècle en même temps que le royaume mossi. Bien que très centralisé, ce dernier ne permit toutefois pas à sa capitale de dépasser le simple stade de gros bourg, constitué de hameaux strictement hiérarchisés et répartis autour de la résidence royale et du marché, et reliés à eux par de nombreuses pistes.

Burkina Faso : carte administrative

Burkina Faso : carte administrative

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Carte administrative du Burkina Faso. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Violemment occupée par les Français en 1896, Ouagadougou est érigée en capitale de la Haute-Volta à l'occasion de la création de cette colonie, en 1919, et connaît alors un premier essor. De 1932 à 1947, la ville est en sommeil, la Haute-Volta ayant été intégrée à la Côte d'Ivoire : ce n'est qu'en 1947 qu'elle reprend véritablement et durablement ses fonctions de capitale, que sa croissance s'accélère et qu'elle devient un centre urbain de toute première importance, enfin atteint par la ligne ferroviaire Abidjan-Niger en 1954. La morphologie de la ville change, conformément aux principes de l'urbanisme colonial : le centre-ville est tramé ; la main-d'œuvre africaine est logée dans des lotissements péricentraux.

En croissance démographique rapide (32 077 hab. en 1953, 172 661 en 1975 et 750 400 en 1996), Ouagadougou est peuplée en 2006 de 1,1 million d'habitants (la croissance sur 1996-2006 a été de 3 p. 100 par an). La ville s'étend de plus en plus et les quartiers non lotis, avec leur importante offre de logement, pallient les lacunes d'une action publique aux ressources limitées – les opérations de lotissement systématiques conduites de 1983 à 1988 ont été bien vite dépassées. Le paysage urbain porte les marques de cette dynamique, opposant un centre aéré, à l'urbanisme fonctionnel et aux bâtiments modernes, aux constructions en banco (terre séchée) de la périphérie, parfois installées sans ordre apparent.

Ouagadougou, qui représente la moitié de la population urbaine burkinabé, concentre, outre les fonctions administratives de l'État, l'essentiel des activités économiques tertiaires et secondaires modernes du pays, mais sans que ces dernières occupent plus d'un cinquième des actifs ouagalais, qui s'emploient alors massivement dans l'informel. Alors que le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (le Fespaco, créé en 1972) est un des meilleurs ambassadeurs de sa vitalité, Ouagadougou reste une ville pauvre dans un pays pauvre.

—  Jean-Fabien STECK

Écrit par :

  • : maître de conférences en géographie à l'université de Paris-X-Nanterre

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«  OUAGADOUGOU  » est également traité dans :

BURKINA FASO

  • Écrit par 
  • Michel IZARD, 
  • René OTAYEK, 
  • Jean-Fabien STECK
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Dans le chapitre « De fortes densités, une importante tradition migratoire »  : […] Le pays est peuplé de 13,2 millions d'habitants (2005) et connaît un taux de croissance démographique annuel soutenu de 3,1 p. 100, avec un taux de natalité de 48 p. 1000 et un taux de mortalité de 17 p. 1000. Cette population, rurale à 82 p. 100, est inégalement répartie sur l'ensemble du territoire. Alors que le pays mossi, dont la population re […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/burkina-faso/#i_34214

Pour citer l’article

Jean-Fabien STECK, « OUAGADOUGOU », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/ouagadougou/