MONTERREY

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Capitale de l'État de Nuevo León, Monterrey est la troisième ville du Mexique (3,6 millions hab. en 2006) après Mexico et Guadalajara, mais c'est un des principaux centres industriels et financiers du pays. Cette ville est un cas exceptionnel par son développement récent (depuis 1900) dans une région pourtant très faiblement peuplée, menacée par la sécheresse ; son essor est lié à l'industrie et à un type d'homme particulier, « l'homme-frontière », unissant la praxis nord-américaine à la tradition culturelle hispanique.

Mexique : carte administrative

Carte : Mexique : carte administrative

Carte administrative du Mexique. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Monterrey, fondée en 1596 par Diego de Montemayor, est située au contact de la plaine du Golfe et de la sierra Madre orientale, au débouché (538 m d'altitude) d'une passe menant au haut plateau central. Pendant la période coloniale elle eut une triple fonction : étape entre Saltillo et les mines d'argent (Cerralvo, puis la Iguana), base d'expéditions militaires contre les Indiens Bravos, centre de colonisation. Ville créole, évêché, garnisons, marché de bétail, Monterrey ne comptait pourtant que 7 000 habitants vers 1810. Après l'indépendance, les Régiomontains commercent avec les ports de Matamoros et de Tampico, se lancent dans la contrebande à grande échelle quand la défaite de 1848 porte la frontière des États-Unis sur le Rio Grande, à 160 kilomètres de leur ville. Ils s'enrichissent pendant la guerre de Sécession dans le commerce du coton sudiste, fuyant au Mexique le blocus nordiste. Encouragés par de grands gouverneurs (Vidaurri, Bernardo Reyes), commerçants et muletiers créent une petite industrie, mais le grand capitalisme industriel n'apparaît que lorsque Monterrey devient un carrefour ferroviaire (entre 1880 et 1905), entre le Golfe et le haut plateau, la frontière et Mexico. Grâce au chemin de fer, Monterrey a accès aux ressources minières (fer, charbon) du nord-est, et au marché national ; avec l'aide de franchises fiscales et de capitaux étrangers, de grandes industries se créent : brasserie (1890), sidérurgie (qui allume son haut fourneau en 1903), verrerie (1899) sont les bases de l'empire régiomontain. La population double en vingt ans (79 000 hab. en 1910). Malgré la révolution et la grande crise, la concentration industrielle continue, crée un noyau bancaire régional. Captant le gaz naturel du Texas, puis de Reynosa, le minerai de fer du Durango, bénéficiant de bonnes routes, Monterrey participe au take-off mexicain d'après 1940, élargit l'éventail de ses industries : sidérurgie-métallurgie, chimie de base, fibres synthétiques, automobile, matériel électrique et électronique, poterie, verrerie. La croissance urbaine rapide (200 000 hab. en 1940, 708 000 en 1960) a multiplié commerces et services, et étendu l'agglomération sur cinq municipes : Monterrey, Guadalupe, Santa Catarina, Garza García, San Nicolás. Métropole du Nord-Est (Coahuila, Nuevo León, Tamaulipas), Monterrey, la « Sultane du Nord », capte les courants migratoires et son influence déborde le cadre régional : ses groupes industriels drainent l'épargne nationale, déconcentrent leurs usines à Mexico, à Puebla, à Guadalajara, rachètent des sociétés provinciales. Les problèmes sont cependant nombreux : le gigantisme de la ville (26 km sur 18 km) exige un système de transport moderne, tandis que les taudis des faubourgs, les usines et les hauts fourneaux, situés en plein tissu urbain, donnent une impression de désordre et de pauvreté.

Au nord et à l'est de la ville, on trouve de nombreuses cultures irriguées (coton, citrons, canne à sucre, maïs), en partie grâce au barrage de Falcón, sur le Rio Grande, qui fournit également l'électricité à la ville de Monterrey.

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Écrit par :

  • : docteur de troisième cycle, agrégé de géographie, chargé de recherche au C.N.R.S.

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MEXIQUE

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  • Marie-France PRÉVÔT-SCHAPIRA, 
  • Philippe SIERRA
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Dans le chapitre « L'appel des Nords renforcé »  : […] Le nord du territoire est marqué par le manque d'eau qui, depuis des siècles, avait limité le peuplement dans cette région. Certes, il existe toute une gamme de climats, entre le désert de Chihuahua et les forêts de la Sierra Madre occidentale, mais c'étaient les steppes à cactées des grandes haciendas d'élevage extensif, des mines et de la frontière, qui avaient donné au Mexique des années 1950 s […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean REVEL-MOUROZ, « MONTERREY », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/monterrey/