MINITEL ET ANNUAIRE ÉLECTRONIQUE

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Proposé par Gérard Théry (alors directeur général des Télécommunications) et accepté par le gouvernement français en 1978, le projet de services d'informations en ligne (vidéotex) s'est concrétisé en 1982 par la mise en place du réseau Télétel – réseau nécessaire pour fournir l'accès aux serveurs vidéotex – puis, en 1983, par l'ouverture d'un premier service opérationnel, l'annuaire électronique (36 11 pour les habitués). Pour le grand public, ces innovations ont d'abord été perçues au travers d'un élément prépondérant de l'opération : le fameux Minitel, précurseur de l'ordinateur individuel pour la recherche interactive d'informations en réseau.

Minitel

Minitel

photographie

De couleur beige ou marron, le Minitel, composé d'un écran bombé et de touches en plastique, a surtout été utilisé dans les années 1980 et 1990, assurant la connexion au réseau français Télétel (service d'informations en ligne). Inauguré en 1982, le Télétel, avec l'annuaire... 

Crédits : Owen Franken/ Corbis/ Getty Images

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L'histoire du Minitel, ou plus globalement de Télétel, a été marquée par de nombreuses évolutions :

– au niveau du terminal, avec l'incorporation d'un terminal téléphonique au terminal de consultation (Minitel 20) ou, inversement, l'intégration de la fonction Minitel dans un téléphone filaire à écran (poste Sillage, par exemple) ; l'introduction de la couleur ; l'augmentation du débit à 64 kbit/s ; l'émulation de la fonction Minitel sur un ordinateur...

– au niveau des services (quelque 25 000 à la fin des années 1990) avec, à partir de l'annuaire électronique (l'application phare), l'expansion des usages dans de nombreux autres domaines (banque, transports, finances, sports, messageries...) ; l'introduction de la fonction kiosque (permettant de faire la part entre la rémunération du trafic qui revient à l'opérateur et celle du service qui revient au fournisseur de ce service) ; l'adaptation des formules tarifaires ; le développement de passerelles Minitel-Web...

On peut aussi évoquer, avec le « Minitel rose », un exemple de problème de déontologie posé par le développement de ces services d'accès à une information sans limite et difficile à contrôler.

Grâce à une politique volontariste (gratuité du terminal), le Minitel a permis à des millions de Français de se familiariser avec les « services en ligne », avant l'heure d'Internet et de l'ordinateur individuel.

À son apogée, à la fin des années 1990, le Minitel équipait alors neuf millions de foyers et d'entreprises et générait un milliard d'euros de chiffre d'affaires. Le 30 juin 2012, France Télécom, après l'avoir reporté plusieurs fois, a rendu effectif l'arrêt technique du réseau Télétel, trente ans après sa mise en place, mettant fin au Minitel et à ses services.

—  Daniel HARDY

Écrit par :

  • : ingénieur, École nationale supérieure des télécommunications, docteur-ingénieur de l'université de Paris

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Pour citer l’article

Daniel HARDY, « MINITEL ET ANNUAIRE ÉLECTRONIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 novembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/minitel-et-annuaire-electronique/