FÜST MILÁN (1888-1967)

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Contemporain de celui de Milosz et de Claudel, l'art de Milán Füst, poète, romancier, essayiste et dramaturge hongrois, restitue le foisonnement d'un microcosme imaginaire, et le rayonnement de son verbe ne cesse de fasciner les nouvelles générations de poètes dans son pays. D'inspiration freudienne, les notations de sa prose s'entourent, comme chez les romanciers symbolistes, d'un halo mystérieux.

Visions médiévales et tragi-comiques

L'un des pionniers de la revue Nyugat et du mouvement occidentaliste, Füst se voua à l'exploration de la personnalité humaine. Composée en tout d'une centaine de poèmes, son œuvre lyrique se trouve réunie dans un recueil qui constitue la version plusieurs fois revue et augmentée, sous des titres différents : Le Chœur de la mort (Az elmulás kórusa, 1920), La Rue des esprits (Szellemek utcája, 1946), de son premier recueil, Rien à changer (Változtatnod nem lehet, 1913). Le génie créateur de Füst s'y trouve représenté au plus haut degré ; il s'en dégage aussi une leçon magistrale d'art poétique, la métamorphose des phantasmes personnels en un univers peuplé de visions médiévales et tragi-comiques, que l'auteur qualifie d'odes, d'élégies et de rhapsodies. Série de scènes pittoresques et irréelles, ces poèmes, dont l'optique accuse plus d'une affinité avec celle de Bruegel l'Ancien, suggèrent qu'il n'y a pays plus étrange que l'âme humaine.

La phrase de Füst, commentateur émerveillé des visions de Bruegel, s'anime souvent du souffle des coryphées grecs, et ce nouveau pathos souligne le désir du poète de situer son expérience spirituelle dans une perspective métaphysique et de lui conférer le prolongement d'un orphisme frémissant. Son écriture est teintée de préciosité, mais son vers libre, ample et sonore, héritier des mètres antiques, révèle un sentiment tragique de l'existence.


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Gyorgy RABA, « FÜST MILÁN - (1888-1967) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 janvier 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/milan-fust/