MESSALIENS

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Membres d'une secte gnostique apparue en Asie Mineure vers le milieu du ive siècle, provenant de l'Osrhoène, la région d'Édesse. On les appelle aussi euchites (du mot grec correspondant au mot syriaque qui a donné « messalien » ou « massalien » : celui qui prie), ou encore adelphiens, eustathiens, marcianites (d'après les noms de leurs porte-parole les plus connus : Adelphius, Eustathe et Marcien). Ils se nommaient eux-mêmes les « spirituels ». Leur mythologie est très proche de celle de beaucoup d'autres sectes gnostiques. Satan, qui était le fils aîné de Dieu, s'est dans son orgueil révolté contre son père. Expulsé du ciel, il a créé le monde matériel, qui est donc nécessairement mauvais. Ce mythe cosmogonique a probablement influencé les doctrines bogomiles.

Dans la vie religieuse des messaliens, la prière jouait un rôle extrêmement important. Ils priaient sans cesse — ne connaissant d'autre récitation que celle de l'oraison dominicale, le Notre Père — pour expulser le mauvais démon qui, selon eux, résidait dans l'âme de chacun et qui devait sortir par les liquides de la bouche et du nez. Une fois libérés du démon, ils se regardaient comme unis avec le Saint-Esprit et, dans cet état, incapables de commettre des péchés. Ils rejetaient l'Ancien Testament comme c'était le cas dans la plupart des sectes dualistes, ne vénéraient pas la Vierge, se refusaient à honorer la Croix — qui, pour eux, était le moyen de supplice du Christ et non pas le symbole de la Rédemption —, ne croyaient pas à l'efficacité des sacrements. La secte était initiatique : les adeptes en devenaient véritablement membres après un noviciat de trois ans.

Au ve siècle, on trouve les messaliens en Arménie ; au vie , aux environs d'Édesse. On les rencontre jusqu'au ixe siècle dans l'Empire byzantin. Leurs enseignements exercèrent une influence considérable sur les bogomiles. Persécutés et condamnés comme hérétiques dès leur apparition, les messaliens nous sont connus par Épiphane (dans son Panarion), Timothée de Constantinople, Théodoret (Haereticarum fabularum compendium), Maxime le Confesseur et Georges le Moine.

—  Edina BOZOKY

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Edina BOZOKY, « MESSALIENS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/messaliens/