MERCOURI MELINA (1925-1994)

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Maria Amalia Mercouris est née à Athènes, officiellement le 18 octobre 1925. D'un côté, elle incarna la femme grecque. De l'autre, elle devint le symbole de la Grèce, de l'hellénisme sous ses multiples facettes.

Entre son hérédité et son amour du théâtre, Melina Mercouri sut finalement créer une symbiose personnelle, reflet de son milieu néo-hellénique, où comédie, tragédie et politique sont intimement liées. Son grand-père Spyros fut maire d'Athènes pendant près de trente ans. Son père Stamatis commença une carrière politique comme très jeune député royaliste pour finir dans les rangs de la Gauche démocratique unifiée (E.D.A.). Dans cette famille patricienne, il était hors de question que la jeune Melina montât sur les planches. Pour surmonter cet obstacle, elle se marie à seize ans à un riche propriétaire terrien. Lorsque la guerre se termine, elle est diplômée de l'école d'art dramatique du Théâtre national d'Athènes. Alors que son pays est ravagé par la guerre civile (1946-1949), elle commence sa carrière théâtrale dans la capitale en jouant dans Le deuil sied à Électre d'Eugene O'Neill et Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams. Remarquée par Marcel Achard, elle débarque à Paris en 1950, et se sépare alors de son mari. Entre 1950 et 1952, elle interprète dans la capitale française les pièces de Marcel Achard, Le Moulin de la Galette et Les Compagnons de la marjolaine. De retour en Grèce, elle se tourne vers le cinéma, sans pour autant abandonner ses premières amours. En 1967, elle joue dans une comédie musicale à Broadway. C'est d'ailleurs à New York qu'elle apprend le coup d'État des colonels, le 21 avril 1967. Elle délaisse à nouveau le théâtre, mais cette fois au profit de la politique. Avec le retour de la démocratie en Grèce, elle remonte sur les planches à Athènes : on la voit dans L'Opéra de quat' sous de Bertolt Brecht en 1975, Médée d'Euripide en 1976, Doux Oiseau de la jeunesse de Tennessee Williams et L'Orestie d'Eschyle, en 1980.

Mais c'est le cinéma qui va donner à Melina Mercouri une renommée internationale. Elle tourne Stella de Michalis Cacoyannis (1953). Jules Dassin la remarque et la fait jouer dans Celui qui doit mourir en 1957. Dès lors, l'actrice et le metteur en scène ne se quitteront plus, et se marieront en 1966. Melina multiplie les tournages : Gypsy de Joseph Losey (1958), La Loi de Jules Dassin (1959) et du même auteur, l'année suivante, Jamais le dimanche, son plus grand succès où son personnage, tout à la fois gouailleur et plein de fierté, s'affirme. Ce film lui vaut le prix d'interprétation féminine à Cannes. On la voit ensuite dans Vive Henri IV, Vive l'amour ! de Claude Autant-Lara (1961), Le Jugement dernier de Vittorio De Sica et Phaedra de Jules Dassin, tous deux en 1962, Les Vainqueurs de Carl Foreman (1963), Topkapi de Jules Dassin (1964), D. pour danger de Ronald Neame et Dix Heures trente du soir en été de Jules Dassin, en 1965. La politique va fortement restreindre cette abondante production. L'actrice tournera encore Gaily Gaily de Norman Jewison (1969) et, de Jules Dassin, La Promesse de l'aube (1970), ainsi que Cri de femmes (1977).

Complètement apolitique durant les années les plus sombres de la Grèce (1936-1949), Melina Mercouri s'était rapprochée de l'E.D.A. en 1966-1967, grâce à son père. C'est l'obscurantisme des colonels qui va la faire basculer dans le militantisme actif. Dans son exil parisien, elle n'a de cesse, de 1967 à 1974, de dénoncer cette dictature. Les militaires confisquent ses biens et lui retirent sa nationalité. Elle leur répond par un livre cinglant, Je suis née grecque (1971). Son retour en Grèce, en juillet 1974, est marqué par un accueil délirant de la part de la foule athénienne. Elle entre alors à la direction du P.A.S.O.K. (Mouvement socialiste panhellénique) de son ami Andréas Papandréou. Elle échoue de peu aux législatives de novembre 1974 dans la circonscription du Pirée. Trois ans plus tard, elle devient député du P.A.S.O.K., et cela sans interruption jusqu'à sa mort. Elle flirte aussi avec le mouvement communiste international : elle obtient ainsi la médaille de la paix à Budapest en 1979 et une place au présidium du Congrès des gouvernements des peuples à Sofia, en 1980. Avec la victoire du P.A.S.O.K. aux élections d'octobre 1981, Melina Mercouri est n [...]

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Écrit par :

  • : docteur en histoire du xxe siècle de l'Institut d'études politiques, Paris, journaliste, membre du comité de rédaction de la revue Confluences Méditerranée

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«  MERCOURI MELINA (1925-1994)  » est également traité dans :

DASSIN JULES (1911-2008)

  • Écrit par 
  • Alain GAREL
  •  • 849 mots

Né le 18 décembre 1911 à Middletown, dans le Connecticut, Julius Dassin grandit à New York. Après avoir étudié l'art dramatique en Europe, il entre, en 1934, dans la troupe de théâtre yiddish de l'Arbeter Teater Farband. Toutefois, après avoir pris conscience qu'il n'est pas vraiment un acteur, il s'oriente vers la mise en scène. En 1940, il est engagé comme stagiaire par R.K.O. et devient l'un d […] Lire la suite

Pour citer l’article

Christophe CHICLET, « MERCOURI MELINA - (1925-1994) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/melina-mercouri/