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  • MATMATA

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    Partie septentrionale du djebel qui domine la vaste plaine de la Djeffara, les monts de Matmata, en Tunisie, sont une cuesta (515 m) dégagée dans les calcaires et les marnes du Crétacé supérieur et moyen, profondément disséquée par les oueds. Des limons lœssiques tapissent en partie ses versants et se concentrent dans les vallons. Un peu plus arrosés que la plaine, ces reliefs âpres sont steppiques (alfa, armoise), mais portent encore quelques témoins d'une végétation méditerranéenne (olivier sauvage, genévrier, romarin).

    Les djebalia ont su adapter remarquablement leur économie agricole au milieu naturel au prix d'efforts constamment renouvelés. Leur agriculture repose sur l'aménagement en terrasses (djesser) des versants et des vallons par la construction de murettes en pierre. La rétention des eaux de ruissellement et des limons y permet la culture des oliviers et des figuiers en montagne, et de palmiers-dattiers sur les terrasses les plus basses. Les cultures céréalières (blé, orge) se font sous les arbres et surtout dans les cuvettes limoneuses du piémont, où s'étalent les crues des oueds. De petits troupeaux comprenant plus de chèvres que de moutons sont nourris sur les pâturages collectifs du djebel ou confiés aux pasteurs plus ou moins sédentarisés de la plaine ; ils apportent des ressources complémentaires, de même que la cueillette de l'alfa.

    La population était autrefois groupée dans des villages perchés sur des sites défensifs, comme les greniers collectifs (gasr) à multiples cellules pour les provisions (ghorfa), afin d'échapper aux exactions des nomades de la plaine ; depuis le xviie siècle, elle s'est installée dans de curieuses habitations troglodytiques creusées dans les limons des principales vallées. Même si la population vit désormais dans des habitations modernes, elle se préoccupe de la préservation de cet habitat traditionnel qui représente une attraction touristique et possède une valeur patrimoniale. Toutefois, une partie des habitants a été relogée à Nouvelle Matmata, à 15 kilomètres de l'ancien village qui ne comptait plus que 2 116 hab. en 2004. Elle a été construite en 1961 à l'instigation de Bourguiba, mais n'a pas véritablement attiré la population des montagnes. La Nouvelle Matmata comptait, selon le recensement de 2004, 6 642 habitants, elle possède toutes les infrastructures nécessaires à un large développement (école, poste, stade, etc.).

    —  Roger COQUE

    Écrit par :

    • : professeur des Universités, professeur émérite à l'université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne

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    Pour citer l’article

    Roger COQUE, « MATMATA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/matmata/