MAXIMUM LOIS DU (1793 et 1794)

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Lors de la Révolution française, sous la pression populaire née de la disette dans les villes et plus particulièrement à Paris, la Convention doit se résigner à intervenir sur le plan économique. Elle vote une loi contre l'accaparement punissant de mort la spéculation, le 27 juillet 1793. Un peu plus tard, le 29 septembre, elle adopte la loi du maximum général : pour tous les objets de première nécessité est fixé un prix maximum. La fixation n'en est pas uniforme mais varie selon les régions. Elle correspond en général aux prix de 1790 augmentés d'un tiers. Parallèlement est imposé un maximum des salaires : ceux de 1790 augmentés de moitié. La vie du pays est donc en principe sévèrement réglementée. Dans la réalité, le gouvernement révolutionnaire n'applique pas rigoureusement le maximum des denrées qui a d'ailleurs pour effet de vider les boutiques. En revanche, le maximum des salaires connaît une application plus stricte et devient vite impopulaire. Robespierre est salué lors de sa marche vers l'échafaud par des cris de « F... le maximum ! » (entendons le maximum des salaires). Ces cris sont proférés par des ouvriers parisiens. L'abandon du maximum des prix (et des salaires) par les thermidoriens devait encore aggraver la disette et provoquer les insurrections populaires de Germinal et de Prairial. Lors de la crise économique de 1811, les chefs de la police impériale, Réal et Dubois, recommandèrent à Napoléon le retour au maximum. Mais le projet fut vivement combattu par d'anciens jacobins comme Thibaudeau, alors préfet des Bouches-du-Rhône. Le maximum restait trop impopulaire et avait fait la preuve de son inefficacité.

—  Jean TULARD

Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne

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Pour citer l’article

Jean TULARD, « MAXIMUM LOIS DU (1793 et 1794) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/lois-du-maximum/