LES FRÈRES KARAMAZOV, Fiodor Mikhaïlovitch DostoïevskiFiche de lecture

Dernier grand roman de F. M. Dostoïevski (1821-1881) Les Frères Karamazov paraissent en revue de 1879 à 1880 dans Le Messager russe. À mesure des livraisons, le succès va grandissant, renforcé par les lectures qu'en donne l'écrivain aux soirées littéraires du moins dans le public car la presse réagit en fonction de ses convictions démocrates ou conservatrices. Les attentats terroristes se multiplient, les pendaisons aussi. L'empereur Alexandre II est déjà condamné par le Comité exécutif des révolutionnaires de Terre et Liberté. L'œuvre racontait la mise à mort du père, la rébellion sanglante des fils, et tentait de les conjurer. Elle venait à point nommé.

Dostoïevski

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Avec Crime et châtiment (1866), Les Démons (1872), Les Frères Karamazov (1880), le romancier russe Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski (1821-1881) a élaboré un univers sombre où le vice et le crime mènent immanquablement à une forme d'apocalypse. 

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Un roman-bilan

Les trois frères du roman, Dmitri, Ivan et Aliocha, représentent, à eux tous, la convergence de trois lignes de la création antérieure. Avec Ivan, le révolté suprême, Dostoïevski poursuit l'interrogation sur l'existence de Dieu, « la grande question qui l'a tourmenté sa vie entière ». Ivan appartient à ces invectiveurs du Ciel au nom de la raison et de la justice que sont « l'homme du Sous-Sol », le Raskolnikov de Crime et châtiment, l'Hippolyte de L'Idiot, le Kirillov et le Stavroguine des Démons, le Versilov de L'Adolescent. Toutefois, la rébellion d'Ivan est plus profonde, plus radicale : dépassant le simple refus de Dieu affiché par les athées des œuvres antérieures, elle nie le sens même de la création divine et veut lui en donner un qui soit humain. Le monde est déclaré injuste – Camus dira absurde – surtout si on considère la souffrance inadmissible des innocents que Dieu autorise. À cet effet, Ivan a collationné dans la presse, comme le fit Dostoïevski dans son Journal d'un écrivain de 1876-1877, toute une série de cas d'enfants martyrs. De son côté, Aliocha Karamazov, qui a élu dans son cœur le saint starets Zossime et écoute Ivan exposer sa révolte, incarne la foi dans le Christ, sereine, plus épanouie que celle de Dostoïevski, converti depuis son séjour au bagne mais demeuré « enfant du doute », comme il l'écrivait en 1854. Aliocha et Zossime, hommes de Dieu affermis et pratiques, couronnent la lignée des êtres [...]


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DOSTOÏEVSKI FIODOR MIKHAÏLOVITCH

  • Écrit par 
  • Pierre PASCAL
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Dans le chapitre « Les grands romans »  : […] Les Frères Karamazov (Brat'ja Karamazovy, 1880) sont comme le résumé de l'œuvre : un roman policier, quatre fils en face du père, l'opposition des vertus populaires à l'égarement rationaliste, la discussion des grands problèmes métaphysiques, la recherche – une fois de plus – du […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fiodor-mikhailovitch-dostoievski/#i_31398

Pour citer l’article

Jacques CATTEAU, « LES FRÈRES KARAMAZOV, Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski - Fiche de lecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 septembre 2017. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/les-freres-karamazov/