KARA-YŌ, architecture

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L'introduction au Japon de la secte chinoise Chan (zen en japonais) entraîna, vers le milieu du xiiie siècle, l'adoption d'un nouveau mode d'architecture, inspiré de celui des Song et appelé kara-yō (style chinois) et opposé au style traditionnel ou wa-yō. Le moine chinois Rankei Dōryū (Lanqi Taolong) et le moine japonais Gikai avaient apporté de Chine ces formules nouvelles. On assiste alors à un retour au plan symétrique : la porte Sanmon, le hattō (pavillon d'adoration de Daruma [Boddhidharma]), le Butsu-den sont placés sur un axe central (sud-nord), tandis que les bâtiments conventuels sont disposés sur les côtés. Les sanctuaires sont édifiés sur des terrasses en pierre, les éléments de bois restent naturels et ne comportent pas de revêtement rouge, les toits sont couverts de tuiles et les planchers de briques. La légèreté de l'ossature, la réduction de la taille des divers éléments souvent incurvés permettent d'économiser le bois. On note à l'extérieur la multiplication des corbeaux, les fenêtres au sommet cintré ornées de treillages en bois, les portes faites de panneaux encadrés de montants moulurés.

À l'intérieur, l'autel, haute plate-forme ou sumidan, est placé dans l'entrecolonnement central, mais les deux colonnes situées à l'avant sont remplacées par des consoles. Le plafond en bois est orné en son centre d'un kagami tenjō, en forme de miroir, orné d'un dragon peint au milieu de nuages. Le bâtiment le plus typique (bien que fréquemment reconstruit) est le Shariden (pavillon des Reliques) de l'Enkaku-ji à Kamakura, attribué à la fin du xiiie siècle. Seul le toit très haut et recouvert d'écorce de hinoki (cyprès japonais) a été transformé à une époque plus récente.

—  Madeleine PAUL-DAVID

Écrit par :

  • : ancien maître de recherche au CNRS, professeure honoraire à l'École du Louvre, chargée de mission au Musée national des arts asiatiques-Guimet

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Dans le chapitre « L'architecture religieuse bouddhique (bukkyō kenchiku) »  : […] À partir du vi e  siècle, le Japon consacre toutes ses forces intellectuelles et politiques à assimiler la culture chinoise, en particulier le bouddhisme, alors en plein rayonnement. Charpentiers et moines émigrés de Corée ont eu la responsabilité des premières fondations, d'où de considérables apports technologiques, spatiaux et formels, fruits d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/japon-arts-et-culture-les-arts/#i_27173

Pour citer l’article

Madeleine PAUL-DAVID, « KARA-YŌ, architecture », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/kara-yo-architecture/