GOYTISOLO JUAN (1931-2017)

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Né le 6 janvier 1931 à Barcelone d'une famille bourgeoise prospère et éclairée, Juan Goytisolo appartient à une génération que l'on a souvent qualifiée d'« innocente ». Elle a parfois subi les conséquences du combat fratricide qu'entraîna la guerre d'Espagne mais a également pu le vivre d'une manière ludique, dont on retrouvera les échos dans Deuil au paradis. Au cours des années 1940, l'enfance et l'adolescence des « enfants de la guerre » correspondent à la phase la plus répressive d'un franquisme résolument autarcique. Une censure radicale, l'endoctrinement moral, politique, pédagogique provoqueront presque toujours chez ces créateurs la contestation sociale et culturelle.

Juan Goytisolo

Juan Goytisolo

Photographie

L'Exilé d'ici et d'ailleurs : le titre de ce roman pourrait caractériser tout l'œuvre de Juan Goytisolo tant, chez lui, l'écriture est liée à l'introspection et à un questionnement sans relâche à l'égard de l'Espagne. 

Crédits : Quim Llenas/ Cover/ Getty Images

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Un autre regard sur l'Espagne

Les années 1950 voient les débuts littéraires de Juan Goytisolo au sein d'un groupe d'écrivains et d'intellectuels de sa génération. Ses deux premiers romans, Juegos de manos (1954, Jeux de mains) et Duelo en el paraíso (1955, Deuil au paradis), sont accueillis avec enthousiasme : sensible à l'imagination, à certains procédés proches du réalisme magique, la critique officielle semble ignorer les germes d'une remise en cause de la société franquiste qui s'épanouira dans les romans suivants. Mais à partir de 1956, les adulateurs deviennent censeurs et Goytisolo s'exile volontairement à Paris. Il y rencontrera Monique Lange, qui deviendra son épouse. Sur le plan narratif, souscrivant à l'esthétique néo-réaliste de sa génération, il produit à la fois des témoignages en faveur des plus défavorisés comme La Resaca (1958), où l'influence de Jean Genet est sensible, des critiques de la bourgeoisie intellectuelle comme La Isla (1961), des récits de voyage : Campos de Níjar (1960, Terres de Níjar), La Chanca (1962). À partir de 1959, il publie, parallèlement à son œuvre narrative, une dizaine d'essais : des écrits théoriques influencés par le marxisme et la nouvelle critique, et des ouvrages dans lesquels il se propose de faire le point sur sa vision de l'Espagne et du monde.

Après un voyage à Cuba en 1962, un séjour dans l'Espagne des plans de développement, du néo-capitalis [...]

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Écrit par :

  • : professeur émérite de littérature espagnole à l'université Paul-Valéry de Montpellier III
  • : ancienne élève de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, agrégée, maître de conférences à l'université de Paris-Sorbonne

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ESPAGNE (Arts et culture) - La littérature

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Pour citer l’article

Jean TENA, Corinne CRISTINI, « GOYTISOLO JUAN - (1931-2017) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/juan-goytisolo/