NKETIA JOSEPH HANSON KWABENA (1921- )

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Né le 22 juin 1921, Joseph Hanson Kwabena Nketia fut élevé par sa mère et ses grands-parents maternels à Mampong, en pays ashanti (Côte-de-l'Or, aujourd'hui Ghāna). Après des études primaires et secondaires, il suivit les cours du Presbyterian Training College d'Akropong de 1937 à 1941, où il eut comme professeur le musicien et organiste Robert Danso. Ses études terminées, il enseigna la musique et le twi — une langue des Akans du Ghāna — au collège d'Akropong à partir de 1942. Il transcrivit une centaine de chants akans, qui furent publiés en 1949. Il bénéficia d'une bourse d'études gouvernementale qui lui permit de se rendre en Angleterre et d'étudier pendant deux ans la linguistique moderne à l'université de Londres (département Afrique de la School of Oriental and African Studies). Il en profita pour étudier le piano, l'harmonie, le contrepoint. Il prolongea son séjour pendant trois ans à Londres, ayant obtenu un poste d'assistant au département Afrique. De retour en Côte-de-l'Or, il travailla de 1949 à 1952 comme secrétaire du comité du Language Bureau, révisant des ouvrages scolaires et le Twi Spelling Book, un ouvrage tiré du Twi Dictionary publié en 1881. Sa carrière de compositeur débuta en 1942 avec des chants pour chœur et des chants solo avec accompagnement de piano qui furent diffusés par la radio. De 1952 à 1961, il fut nommé research fellow en études africaines au département de sociologie de l'University College de la Côte-de-l'Or créée en 1948 sur le campus d'Achimota, qui deviendra plus tard, en 1961, l'université du Ghāna. Il se maria le 6 janvier 1952 avec Lillie Agyeman-Dua, une enseignante qui lui donna quatre enfants. Sa première étude, Funeral Dirges of the Akan People (Chants funèbres des Akan, Univ. of Ghana, Legon, et J. Townsend and Sons, Exeter, 1955), apparaît comme un pont entre ses connaissances linguistiques et musicales. Il rédigea à cette époque plusieurs articles portant sur les danses et les chants traditionnels de son pays, des instruments de musique, le langage tambourinaire et l'organisation de la musique. Sous l'égide de l'U.N.E.S.C.O., il visita le Nigeria et l'Afrique de l'Est. Il passa un an aux États-Unis (1958-1959), où il étudia la composition à la Juilliard School of Music et à l'université Columbia. Après avoir été responsable du département de musique à l'Institut des études africaines, créé en 1961, Kwabena Nketia fut nommé en 1964 directeur de cet institut et de l'École de musique, danse et théâtre et anima la compagnie de danse de l'université. Il occupa ces fonctions pendant quinze ans jusqu'à sa retraite. Il participa, à partir de 1962, aux réunions et aux travaux de l'International Folk Music Council (U.N.E.S.C.O.), dont il devint membre du comité exécutif, de 1971 à 1977. Il établit des relations durables avec les Noirs nord-américains et les Caraïbes (Jamaïque), recevant au Ghāna des spécialistes comme Maya Angelou, Olly Wilson, Eileen Southern, William Carter, des États-Unis, et Neville Dawes, directeur de l'Institut de Jamaïque. Il écrivit des monographies : African Music in Ghana (Longmans Green and Co., Londres, 1962), History and the Organization of Music in West Africa (Institute of African Studies, Univ. of Ghana, Legon, 1962), Drumming in Akan Communities of Ghana (Univ. of Ghana et Thomas Nelson and Sons Ltd., Édimbourg-Londres, 1963), Folk Songs of Ghana (Oxford Univ. Press, Londres, 1963). Il se rendit aux États-Unis, où il fut nommé en 1982 professeur associé de musique (chaire Andrew Mellon) à l'université de Pittsburgh. Il s'intéressa à des questions méthodologiques et comparatives entre 1980 et 1986, écrivant les articles suivants : « The Juncture of the social and musical : the methodology of cultural analysis » (1981), « The Aesthetic Dimensions in ethnomusicology » (1984), « Universal Perspectives in ethnomusicology » (1984), « Integrating Objectivity and experience in ethnomusicology » (1985). Il composa des pièces pour piano et pour flûte, une Bolga Sonata pour violon et piano, Antubam (hymne pour violoncelle et piano), deux quatuors pour Atenben (flûtes en bambou).

En bibliographie complémentaire, on pourra citer : Akanfos Anansesem (Akan Folktales), Oxford Univ. Press,1949 ; Music, Danse and Drama : a Review of the Performing Arts of Ghana, Ghana Information Services, Accra-Tema,1965 ; Music in African Cultures : a Review [...]

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Écrit par :

  • : professeur d'histoire, directeur du Centre de recherches Caraïbes-Amériques

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Oruno D. LARA, « NKETIA JOSEPH HANSON KWABENA (1921- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/joseph-hanson-kwabena-nketia/