GALSWORTHY JOHN (1867-1933)

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Romancier, dramaturge et, à un moindre degré, essayiste et poète, John Galsworthy est né à Coombe, dans le Surrey. Par sa situation dans le siècle, il a eu une vie curieusement divisée en deux parties égales : la première moitié victorienne, la seconde édouardienne et georgienne, double aspect que l'on retrouve dans son œuvre. Originaire d'une famille fortunée, il fit des études de droit sans jamais exercer de profession. Parmi ses amis, on compte surtout Joseph Conrad, Gilbert Murray et Ralph Mottram. Il épousa Ada (femme de son cousin Arthur John Galsworthy) après une longue liaison ; c'est pourquoi le problème de la femme mariée sans amour est si important dans son œuvre. Son horreur de la souffrance et de la violence engagea Galsworthy, épris de justice, de bonté et de fraternité, dans de nombreuses « campagnes » en faveur des victimes, l'homme d'abord, mais aussi l'animal ; il apparaît finalement ainsi comme un très beau type d'Anglais, la fleur d'une certaine civilisation. Ses premières œuvres furent publiées sous le pseudonyme de John Sinjohn, et dès 1901, dans A Man of Devon, une longue nouvelle, « The Salvation of Swithin Forsyte », introduisit le nom de la célèbre famille de la haute bourgeoisie dont il allait plus tard écrire la chronique. C'est avec The Island Pharisees, en 1904, que Galsworthy se fit remarquer pour une critique sociale d'autant plus frappante qu'elle émanait d'un nanti. Ses romans suivants jusqu'à A Saint's Progress (1919), en passant par Fraternity (1909), The Patrician (1911), La Fleur sombre (The Dark Flower, 1913), sont intéressants pour leur peinture de la haute société anglaise de l'époque, passionnément attachée à la propriété. Mais c'est avec The Forsyte Saga que Galsworthy allait vraiment conquérir la célébrité. Quatorze ans après Le Propriétaire (The Man of Property, 1906), Galsworthy commença d'écrire les romans qui allaient former ces célèbres trilogies. La première comprenait, outre Le Propriétaire, Aux Aguets (In Chancery, 1920) et À Louer (To Let, 1921). La deuxième, intitulée « A Modern Comedy », incluait Le Singe blanc (The White Monkey, 1924), La Cuillère d'argent (The Silver Spoon, 1926) et Le Chant du cygne (Swan Song, 1928). La troisième, enfin, La Fin du chapitre (End of the Chapter), mit un terme à la chronique avec Maid in Waiting (1931), Floraison (Flowering Wilderness, 1932), Sur l'autre rive (Over the River, 1933). Prix Nobel en 1932, Galsworthy n'eut pas, pendant longtemps, les faveurs de l'intelligentsia. Sa réputation, relancée par une adaptation télévisée de sa Forsyte Saga, devrait amener une vision critique plus juste de son œuvre, dont les thèmes principaux sont l'amour et les problèmes connexes (souffrance, honneur, divorce), la famille, la propriété, l'argent, la loi. Dans ses pièces de théâtre, Galsworthy, en moraliste humanitaire qu'il était, selon Joseph Conrad, son ami, continua le combat avec, par exemple, La Boîte en argent (The Silver Box, 1906), Combat (Strife, 1909), Justice (1910) ; cette dernière œuvre eut le mérite de provoquer une réforme des prisons.

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Écrit par :

  • : professeur honoraire à la Faculté des lettres et sciences humaines de Paris

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Louis BONNEROT, « GALSWORTHY JOHN - (1867-1933) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/john-galsworthy/