CLARK JOHN BATES (1847-1938)

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Pionnier du marginalisme américain, John Bates Clark appartient à une lignée d'économistes comme A. Marshall, St. Jevons, L. Walras, K. Menger... qui ont plus cherché à examiner et à comprendre le fonctionnement du système capitaliste dans le détail qu'à exprimer des doutes sur ses mérites fondamentaux et sur son destin final. De caractère généreux, optimiste dans ses conclusions, il jugea avec les scrupules moraux d'un humaniste le fonctionnement des marchés et la distribution des revenus. Trois ouvrages importants caractérisent son œuvre. La Philosophie de la richesse (The Philosophy of Wealth, 1885) a été écrit sur le ton de la polémique et sous l'influence des économistes historiques allemands ; il contient de sévères critiques à l'adresse des classiques anglais. La Distribution de la richesse (The Distribution of Wealth, 1899) est un ouvrage de pure théorie, un peu suranné du fait de son insistance sur les lois naturelles, qui s'attache surtout au problème de la répartition des revenus. Enfin dans Principes d'économie (The Essentials of Economic Theory, 1907), J. B. Clark donne un aspect dynamique à son œuvre en étudiant les forces de transformation de l'économie.

Comme tous les marginalistes, Clark soutint la thèse que, les revenus étant les prix des facteurs de la production, le niveau de chacun d'eux dépendait, en état de concurrence, de la productivité marginale de ces facteurs. C'est dans cet esprit qu'il étudia la répartition des revenus en se plaçant dans un monde très hypothétique, parfaitement statique et concurrentiel ; ce monde était de plus très simple puisque, la terre étant assimilée aux autres capitaux et le rôle de l'entrepreneur étant négligé, il ne comportait que deux catégories de copartageants, les travailleurs et les capitalistes. Et, selon Clark, la loi universelle et permanente des rendements décroissants régissait la proportion suivant laquelle les divers facteurs de production doivent être employés pour que soit obtenu le rendement global le plus élevé. Dans ces conditions, chaque agent de la production ne pouvait toucher que l'exacte contre-valeur de sa productivité effective et la justice distributive se trouvait réalisée.

Cette théorie de la distribution que Clark apporta au premier marginalisme fut une meilleure contribution que son essai de dynamique. Il se borna en effet à distinguer cinq forces de transformation de l'économie (augmentation de la population ; accroissement du capital ; multiplication et affinement des besoins humains ; modification des techniques de la production ; aménagement des modes d'organisation de la production en vue d'une plus grande efficience). Source de troubles momentanés, ces forces ne pouvaient avoir à la longue que d'heureux résultats, sauf la dernière dans la mesure où, au nom de cet idéal, le changement pouvait aboutir à la recherche de situations de monopole et nuire à la concurrence considérée comme la base du progrès social.

Les conclusions morales et optimistes de J. B. Clark, trop éloignées de la réalité américaine, de ses excès et de son dynamisme, ont fait de lui une cible de choix pour T. Veblen, son ancien élève, et les institutionnalistes.

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Jean-Paul HUET, « CLARK JOHN BATES - (1847-1938) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/john-bates-clark/