JIROFT, Iran

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L'« affaire » de Jiroft a commencé comme un roman policier. Au tout début des années 2000 apparut sur le marché de l'art une série d'objets précieux – des vases en chlorite richement décorés – dont le prix pouvait atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros. La chlorite est une roche métamorphique tendre, dont les teintes vont du gris au vert. De tels vases étaient déjà connus en petit nombre et provenaient de l'Iran du IIIe millénaire avant notre ère, et certains même de Mésopotamie. Les autorités iraniennes menèrent donc une enquête, qui aboutit près de la ville moderne de Jiroft, dans la province du Kerman, au sud-est du pays. À la suite d'une violente inondation de la rivière Halil, avaient été mises au jour des tombes qui contenaient de nombreux vases en chlorite, parfois jusqu'à plusieurs dizaines, ainsi que des statuettes et des poteries. Les habitants du lieu dégagèrent et se répartirent plusieurs centaines de ces tombes. La proximité d'une des voies de l'opium afghan les mit en contact avec des trafiquants, auxquels ils monnayaient leurs trouvailles. La découverte de la source du trafic ne se fit donc pas sans tensions, et l'armée dut être envoyée sur place. Un travail de sensibilisation à des rudiments d'histoire et d'archéologie fut mené auprès des habitants, si bien que de nombreux objets furent restitués. Mais des destructions irrémédiables avaient été commises, tous les squelettes, par exemple, ayant été dispersés.


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Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et à l'Institut universitaire de France

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Jean-Paul DEMOULE, « JIROFT, Iran », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jiroft-iran/