JEAN-LUC GODARD. RÉTROSPECTIVE

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Projeter une intégrale de Godard reste, en 2020, un geste de programmation exceptionnel, tant par sa rareté que par son ampleur. C’est la tâche à laquelle s’est attelée la Cinémathèque française du 8 janvier au 1er mars 2020. La précédente rétrospective intégrale avait eu lieu en 2006 au Centre Georges-Pompidou. La plupart des films étaient alors inaccessibles au grand public. Depuis, entre éditions DVD et VOD, les longs-métrages de Jean-Luc Godard sont de plus en plus visibles. Mais l’œuvre du cinéaste est loin de se résumer aux quarante-six longs-métrages qui la ponctuent, depuis À bout de souffle (1960) jusqu’au Livre d’image (2018). Ce sont plus de deux cents films de Godard que la Cinémathèque a projetés lors de cette rétrospective : des longs, moyens et courts-métrages, des essais, des séries, des commandes, des publicités, des bandes-annonces. Une œuvre comme un secret, soufflée à l’oreille du public.

Le Livre d’image, J.-L.Godard

Photographie : Le Livre d’image, J.-L.Godard

Photographie

Dans le sillage de ses Histoire(s) du cinéma, Jean-Luc Godard poursuit sa réflexion sur l'image et sa capacité à mettre en relation des réalités « lointaines et justes » (Pierre Reverdy) pour produire une signification nouvelle. Le montage, le travail sur la couleur et le son deviennent... 

Crédits : Casa Azul Films/ Ecran Noir productions/ BBQ_DFY/ Aurimages

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Une œuvre multiforme

La rétrospective a déroulé chronologiquement les différentes périodes du réalisateur. Comme pour Dylan ou Picasso, la carrière de Godard connaît ses mouvements, dont le nombre et les points de césure varient selon les observateurs. Nicole Brenez, sa programmatrice, a ici choisi de les nommer « Nouvelle Vague », « Fables sociologiques », « Travaux révolutionnaires », « Expérimentations vidéographiques », « Dialogue entre les arts » et « Méditations historiques ». Acteurs, collaborateurs, compagnons de route, historiens sont venus nombreux pour introduire les films et partager une part de leur vérité sur cette œuvre. Aux films de Godard se sont ajoutés ceux de proches collaborateurs, filmant le réalisateur au travail (Film catastrophe de Paul Grivas, 2018) ou partageant ses images (Quod erat demonstrandum de Fabrice Aragno, 2012).

En ouverture de la rétrospective, il était prévu qu’Anna Karina vienne présenter Vivre sa vie (1962). Son décès au mois de décembre 2019 a transformé la projection en un vibrant hommage, à la lumière d’un film souvent considéré comme sa plus marquante collaboration avec [...]

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Basile TROUILLET, « JEAN-LUC GODARD. RÉTROSPECTIVE  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 mai 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-luc-godard-retrospective/