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DROUAIS JEAN GERMAIN (1763-1788)

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Fils de François Hubert Drouais (1727-1775), dont les portraits d'enfants sont parmi les plus émouvants et les plus dignes témoignages de l'art du xviiie siècle, Jean Germain a une réputation sans commune mesure avec la minceur de son œuvre. Prix de Rome en 1784, il est l'élève préféré de David qui l'accompagnera à Rome en 1785 et le fera participer à l'élaboration des Horaces. Il passe surtout pour le plus doué des jeunes artistes de la génération de 1770, qui est celle de Gros, de Girodet et de Gérard. Sa disparition précoce à vingt-cinq ans a été considérée par les contemporains comme une décapitation de l'école française. Drouais désormais restera comme l'image du génie cruellement fauché et dont fut privé le destin du néo-classicisme.

<it>Marius à Minturnes</it>, J. G. Drouais - crédits : Peter Willi/  Bridgeman Images

Marius à Minturnes, J. G. Drouais

Il est certes impossible et vain de vouloir reconstituer ce qu'auraient pu être le rôle et la carrière de Jean Germain Drouais, mais l'émotion soulevée par sa disparition n'est pas une légende, et l'on reste impressionné par l'unanimité des éloges et des regrets. On peut au moins essayer de comprendre ce que semblait apporter son œuvre. La Cananéenne aux pieds du Christ (1784, Louvre), qui lui valut le Grand Prix de l'Académie, montre que Drouais a surtout regardé Poussin et Le Brun, et que le retour à l'antique passe pour lui par une méditation du classicisme français. C'est ce qui explique peut-être la souplesse des plissés, l'absence de raideur dans les attitudes, la subtilité dans l'expression des passions, mais aussi un air de noblesse et de réserve, autant de vertus qui témoignent que Drouais aurait pu être le Le Sueur du néo-classicisme. Son évolution allait en tout cas dans le sens d'une imitation toujours plus stricte de son maître. Marius à Minturnes (1786, Louvre), décourageant par la seule noblesse de son attitude le meurtrier qui lui était envoyé, est trop davidien pour ne pas poser de questions à l'historien. Drouais aurait-il su se libérer de l'emprise de son maître pour affirmer ce purisme qui semble bien être son génie ? « Sa mort, dira David, a privé la France de l'homme peut-être destiné à être cité avec Raphaël. »

— Bruno FOUCART

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Bruno FOUCART. DROUAIS JEAN GERMAIN (1763-1788) [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Article mis en ligne le et modifié le 14/03/2009

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<it>Marius à Minturnes</it>, J. G. Drouais - crédits : Peter Willi/  Bridgeman Images

Marius à Minturnes, J. G. Drouais