NERUDA JAN (1834-1891)

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Homme de lettres, poète, journaliste, Jan Neruda est d'abord l'auteur des Contes de la Malá Strana (Povídky Malostranské, 1878), l'un des chefs-d'œuvre de la littérature tchèque. La Malá Strana est le célèbre quartier baroque de la capitale ; on assiste à son évolution ainsi qu'à la transformation progressive de ses habitants qui, de fougueux militants de la réforme hussite, devinrent de paisibles provinciaux perdus dans l'Empire des Habsbourg.

Fils d'un soldat retraité et d'une femme de ménage, Neruda est le type même de l'intellectuel tchèque du xixe siècle, qui, parti de rien, se donne une culture dense et exigeante. Ses débuts poétiques, en 1875, ne sont pas couronnés de succès, mais il est apprécié comme journaliste. Ses prises de position libérales s'inspirent des idées démocratiques occidentales. Bien qu'il participe à la création du groupe Mai — ainsi appelé en l'honneur du poème « Le Mai » de Mácha (1810-1836) —, Neruda se sent plus proche des poètes à la verve critique tels que Heine. Cependant, Neruda s'affirme en sa maturité comme le poète avant tout soucieux des intérêts de la nation. On serait tenté de dire que son œuvre correspond à la phase finale de la renaissance tchèque, après deux siècles d'oppression. Les Chants cosmiques (Písně kosmickě, 1878) et surtout les posthumes Chants du vendredi saint (Zpěvy páteční, 1896) expriment une foi inébranlable en la nation jadis hussite, vouée, selon l'auteur, à être la messagère des idéaux humanistes et progressistes. Le libéral Neruda est d'ailleurs un des premiers écrivains tchèques à prédire le rôle que doit jouer la classe ouvrière. Son nationalisme comme son cosmopolitisme se distinguent néanmoins de ceux de la bourgeoisie montante. Quant à ses souvenirs de voyage en Italie, en France, en Turquie ou sur les Lieux saints, ils témoignent toujours d'un regard critique.

Notons que le poète chilien Pablo Neruda a choisi son pseudonyme après la lecture des Contes de la Malá Strana.

—  Ivo FLEISCHMANN

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Dans le chapitre « Émancipation »  : […] Le « printemps des nations » réprimé, la vie politique et littéraire ne reprend que vers 1860. Sous le signe de Mácha, toute une génération – dite de « Mai » – tente de rejoindre l'horizon européen. Son animateur, Vítězslav Hálek (1835-1874) est un auteur facile et heureux. L'avenir lui préférera son ami Jan Neruda (1834-1891) qui s'impose par la langue sobre de ses recueils poétiques, de ses réc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/republique-tcheque/#i_41792

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Ivo FLEISCHMANN, « NERUDA JAN - (1834-1891) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/jan-neruda/