HOWARD BARKER, UN THÉÂTRE DE LA CATASTROPHE

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Peintre, écrivain, scénariste, Howard Barker est l'inventeur d'un théâtre violent, cruel, marqué autant par la lecture de la Bible que par celle de Shakespeare, et d'une brutalité qui n'est pas sans rappeler la tradition élisabéthaine, voire jacobéenne.

Peu connu du grand public en France, il n'a été que parcimonieusement joué dans les grandes institutions. En lui consacrant un cycle de quatre mois à Paris, de janvier à avril 2009, le Théâtre national de l'Odéon a offert une occasion unique de le découvrir, tout en lui rendant hommage. Au menu, des lectures, des rencontres des débats ainsi que quatre de ses pièces proposées par trois metteurs en scène : ouvrant le cycle sous la direction de l'Italien Giorgio Barberio Corsetti, avec des acteurs français, Gertrude (Le Cri), propose une variation sur la tragédie de Hamlet, mais réécrite du point de vue de la mère, meurtrière de son royal époux avec la complicité de Claudius, le frère de celui-ci, dont elle fera son mari. Ont suivi Le Cas Blanche-Neige (ou Comment le savoir vient aux jeunes filles), un détournement du célèbre conte des frères Grimm créé par Frédéric Maragnani, puis Les Européens et Tableau d'une exécution, deux plongées dans l'histoire du xvie et du xviie siècle (l'une située dans la Venise des Doges et des grands peintres, l'autre dans Vienne sauvée des Turcs), associées en un diptyque par Christian Esnay.

De l'une à l'autre pièce, par-delà les différences des sujets et des époques, on retrouve les mêmes singularités, les mêmes obsessions décrivant un monde où tout n'est que crimes et trahisons, pulsions et passions. Les mots sont toujours crus, les corps mis à mal sur fond de tragédies qui se dévident en une course folle où les appels à la vie et à la mort se confondent. Libérés de toutes règles, à l'exception de celles qu'ils décrètent, les personnages vont jusqu'au bout d'eux-mêmes et de leurs actes : dès la première scène de Gertrude, la reine et Claudius empoisonnent le roi, puis s'étreignent, nus, sur son cadavre [...]


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Écrit par :

  • : journaliste, responsable de la rubrique théâtrale à La Croix

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Pour citer l’article

Didier MÉREUZE, « HOWARD BARKER, UN THÉÂTRE DE LA CATASTROPHE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/howard-barker-un-theatre-de-la-catastrophe/