HONG SHENG [HONG CHENG] (1650 env.-1704)

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L'œuvre de cet auteur est représentative des courants intellectuels issus des Ming qui se maintiennent pour un temps sous la domination mandchoue. Outre des poèmes et des titres de pièces, on conserve de Hong Sheng un zaju, Quatre Beautés (Si chanjuan) et un chuanqi, Le Palais de la Longue Vie (Changsheng dian, 1688). L'intérêt du zaju tient à sa qualité poétique et à sa forme particulière : chacun des quatre actes se suffit à lui-même et met en scène une femme célèbre dans l'histoire chinoise pour ses talents artistiques ou littéraires. Le chuanqi a pour sujet les amours de l'empereur Xuanzong des Tang et de sa concubine favorite Yang Guifei, chassés de la capitale par la révolte d'An Lushan. Yang Guifei, tenue pour responsable des malheurs de l'Empire par les soldats de la garde de Xuanzong, se suicide avec l'accord désespéré de celui-ci ; les deux amants seront unis et immortalisés au Ciel. Vengeance d'un censeur éconduit ou colère d'un empereur devant les implications politiques de la pièce qui aurait attaqué directement la dynastie mandchoue, la représentation de l'œuvre en période de deuil national valut à son auteur d'être chassé de l'Université d'État. Cela n'empêcha pas le public ni la critique de considérer Le Palais de la Longue Vie comme l'une des meilleures œuvres du kunqu ; le sujet, emprunté à l'histoire et au long poème Le Chant de l'éternel regret de Juyi (772-846), avait souvent été utilisé dans le théâtre des Song, des Yuan et des Ming. Hong Sheng le renouvelle. La pièce où, durant cinquante scènes, le merveilleux côtoie le réel, la comédie se mêle à la tragédie, fera l'objet de nombreux débats dans la presse chinoise en 1954, dans le cadre de l'évaluation de « l'héritage culturel ».

—  François VEAUX

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François VEAUX, « HONG SHENG [HONG CHENG] (1650 env.-1704) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/hong-sheng-hong-cheng/