ELLIOTT HERBERT (1938- )

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Athlète australien, Herbert Elliott, champion olympique du 1 500 mètres à Rome en 1960, a marqué l'histoire du demi-fond lors d'une carrière éclair qui dura trois ans à peine. Il remporta consécutivement quarante-trois courses sur le 1 500 mètres ou le mile, détint le record du monde des deux épreuves et abandonna la compétition à vingt-trois ans, lassé de l'entraînement, sans avoir totalement exploité son potentiel.

Herbert Elliott, dont le père est épicier, est né le 25 février 1938 à Subiaco, près de Perth (Australie-Occidentale). Adolescent, il pratique l'athlétisme en dilettante, mais ses dons naturels lui permettent de décrocher à dix-sept ans le titre de champion d'Australie junior du 880 yards. En 1956, il se rend avec ses parents à Melbourne pour assister aux compétitions athlétiques des jeux Olympiques. Le jeune homme est impressionné par les succès du Soviétique Vladimir Kuts, qui construit ses victoires dans le 5 000 et le 10 000 mètres en imprimant un train soutenu et en portant des coups de boutoir qui découragent ses adversaires un à un. Les parents du jeune homme prennent contact avec Percy Cerutty, un entraîneur anticonformiste mais efficace : Cerutty avait déjà remarqué les qualités du jeune garçon et propose de s'occuper de sa préparation au sein de sa structure de Portsea. Percy Cerutty pousse ses élèves au paroxysme de la douleur en leur imposant de longues séances de course pieds nus dans les dunes de sable du bord de mer, les soumet à un régime alimentaire strict (fruits et légumes uniquement), leur enseigne la technique et la stratégie qui permettent de se distinguer dans les épreuves de demi-fond.

En juillet 1958, Herbert Elliott remporte le 880 yards et le mile aux Jeux de l'Empire britannique et du Commonwealth, à Cardiff. Mais c'est quelques jours plus tard, le 6 août 1958, que le talent de cet athlète longiligne (1,82 m, 70 kg) de vingt ans éclate réellement : à Dublin, l'Australien bat très nettement le record du monde du mile (il couvre la distance en 4 min 54,5 s, retranchant d'un coup 2,7 s à la référence établie l'année précédente par le Britannique Derek Ibbotson). Peu après, le 28 août, à Göteborg (Suède), Elliott s'approprie le record du monde du 1 500 mètres en réalisant une performance qui marque les esprits : 3 min 36 s, soit 2,1 s de moins que le temps du Tchécoslovaque Stanislav Jungwirth. En quelques semaines, Herbert Elliott a changé totalement de statut : ce quasi-inconnu est désormais considéré comme le plus brillant coureur de demi-fond de l'époque et fait déjà figure de favori pour le 1 500 mètres olympique de 1960. Pourtant, Elliott abandonne l'entraînement durant une année pleine : il effectue en effet ses études à Cambridge (Grande-Bretagne), se marie et profite de la vie. Six mois seulement avant les Jeux de Rome, il décide soudainement de quitter Cambridge pour regagner son Australie natale et le camp d'entraînement de Portsea, où Percy Cerutty l'astreint à un travail encore plus acharné afin que son élève soit en mesure d'assumer sa seule ambition, devenir champion olympique : Elliott court parfois plus de 50 kilomètres dans la journée, gravit plus de quarante fois consécutivement au sprint une dune de 30 mètres de hauteur, retrouve son implacable volonté de vaincre forgée dans une douleur extrême.

Mais tous ses efforts auraient pu être d'un coup réduits à néant : deux jours avant le début des Jeux de Rome, Elliott est victime d'une angine, qu'il est contraint de soigner avec de la pénicilline, ce qui l'affaiblit. Le 6 septembre 1960, les quatre-vingt-dix mille spectateurs du Stadio Olimpico retiennent leur souffle alors que les concurrents de la finale du 1 500 mètres sont sous les ordres du starter. Le Français Michel Bernard lance la course sur une allure folle (58,2 s aux 400 mètres, 1 min 57,8 s aux 800 mètres) ; Elliott, tapi un moment dans le peloton, prend vigoureusement la tête aux 1 000 mètres, allonge sa foulée, décroche tous ses rivaux et franchit en vainqueur la ligne d'arrivée, en battant son record du monde (3 min 35,6 s) ; Michel Jazy, pourtant magnifique deuxième (3 min 38,4 s), semble n'être qu'un figurant.

Après les Jeux, Elliott remporte quelques courses en Europe dans une sorte de tournée triomphale. Puis il reprend ses études de sciences naturelles à Cambridge. Le 13 mai 1961, il gagne le 800 mètres et le mile [...]

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Écrit par :

  • : historien du sport, membre de l'Association des écrivains sportifs

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Pour citer l’article

Pierre LAGRUE, « ELLIOTT HERBERT (1938- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 février 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/herbert-elliott/