CHAULIEU GUILLAUME AMFRYE abbé de (1639-1720)

Poète français. Chaulieu a vécu dans l'entourage de puissants protecteurs : les Vendôme (le duc et surtout son frère, le grand prieur, auprès de qui il s'installe dans l'enclos du Temple, d'où le surnom d'Anacréon du Temple qui lui a été donné), puis les petits-enfants du Grand Condé, le duc d'Enghien et la duchesse du Maine, après qu'un ordre royal eut obligé le duc de Vendôme à se séparer de celui en qui on voyait le mauvais génie du grand prieur. Il rime pour ces grands personnages et pour la société qui se réunit autour d'eux : chansons, bouquets, madrigaux, épigrammes, rondeaux, odes et stances. Sa poésie facile et enjouée, mais très sûre, chante les joies simples de la vie, l'amour et le vin, la paresse et l'inconstance, les charmes de la retraite et de l'amitié. Sensible à la fragilité du plaisir, à la mélancolie du temps qui passe et de la mort qui approche, Chaulieu s'abandonne à la douceur de l'heure présente (Sur la première attaque de goutte que j'eus en 1695, Fontenai ou les Louanges de la vie champêtre, La Vieillesse d'un philosophe épicurien). Rien de vulgaire dans cet épicurisme qui se fie à la nature plus qu'aux systèmes et au sentiment plus qu'à la raison ; et, comme sa poésie, la correspondance de cet aimable abbé ne manque ni d'élégance ni de sensibilité. Son art, sa sagesse souriante, ses idées aussi (il célèbre un Être suprême en des vers qu'on a pu qualifier de prélamartiniens) ont exercé sur le jeune Voltaire (celui-ci se proclame son disciple, comme lui-même se réclamait de Chapelle) une influence qui illustre bien sa situation à la charnière de xviie et du xviiie siècle.

—  Bernard CROQUETTE

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  • : agrégé de l'Université, maître assistant à l'université de Paris-VII

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Pour citer l’article

Bernard CROQUETTE, « CHAULIEU GUILLAUME AMFRYE abbé de (1639-1720) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/guillaume-chaulieu/