JONATHAN GOODLUCK (1957- )

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Homme politique nigérian, Goodluck Jonathan fut vice-président du Nigeria de 2007 à 2010, puis président de 2010 à 2015.

Goodluck Jonathan est né le 20 novembre 1957 à Otuoke, au Nigeria (auj. dans l'État de Bayelsa), dans une famille chrétienne de l'ethnie ijo (ou ijaw). Il effectue ses études primaires et secondaires dans des établissements chrétiens de la région, puis entre à l'université de Port Harcourt. Il y obtient une licence en zoologie en 1981, un master en hydrobiologie et en biologie de la pêche en 1985, puis un doctorat en zoologie en 1995. Durant son cursus universitaire, il enseigne au Rivers State College of Education (Port Harcourt) de 1983 à 1993. Il occupe ensuite, de 1993 à 1998, un poste de directeur adjoint à la Commission de développement des zones de production pétrolière, une agence gouvernementale aujourd'hui disparue.

Goodluck Jonathan se lance dans la politique en adhérant au nouveau Parti démocratique du peuple (P.D.P.) à la fin des années 1990. Élu vice-gouverneur de l'État de Bayelsa en 1999, il devient gouverneur en 2005 après la destitution de son prédécesseur accusé de corruption. Pour l'élection présidentielle d'avril 2007, il est candidat à la vice-présidence sur la liste d'Umaru Yar'Adua. Son colistier ayant remporté le scrutin en avril, ils sont tous les deux investis en mai 2007.

Durant son mandat de vice-président, Goodluck Jonathan tente de négocier avec les militants du delta du Niger, qui s'opposent aux activités des compagnies pétrolières dans la région. Mis à part ce dossier médiatique, il reste dans les coulisses du gouvernement. Au début de l'année 2010, il est propulsé sur le devant de la scène politique en raison de l'absence prolongée du président Yar'Adua – lequel est parti se faire soigner à l'étranger.

Tandis que l'inquiétude grandit et alors que le président refuse toute passation de pouvoir, l'Assemblée nationale adopte, le 9 février 2010, une loi qui accorde les pleins pouvoirs au vice-président et le désigne chef de l'État par intérim. Goodluck Jonathan entre en fonction le jour même, malgré la controverse sur la constitutionnalité de cette loi. Il conserve ses fonctions après le retour d'Umaru Yar'Adua au Nigeria le 24 février 2010. Le mois suivant, il congédie l'intégralité du gouvernement désigné par son prédécesseur afin d'asseoir son autorité. Umaru Yar'Adua meurt le 5 mai 2010, et Goodluck Jonathan est investi président du Nigeria le lendemain. Il s'engage à poursuivre ses efforts de paix dans le delta du Niger et déclare vouloir réformer le processus électoral – souvent critiqué –, lutter contre la corruption et régler les problèmes énergétiques du pays.

De nombreux observateurs internationaux s'inquiètent de la nomination inattendue de Goodluck Jonathan à la présidence, dans la mesure où le P.D.P. tente généralement d'alterner à la tête de l'État un représentant du Sud chrétien et une personnalité du Nord musulman. Goodluck Jonathan suscite la controverse lorsqu'il déclare, en septembre 2010, vouloir se présenter à l'élection présidentielle de 2011. En effet, nombreux sont ceux qui souhaitent que, selon le principe d'alternance, le prochain chef de l'État soit un Musulman originaire du nord du pays.

En janvier 2011, Goodluck Jonathan est désigné candidat du P.D.P. à l'issue des primaires du parti, qu'il remporte largement. Il est élu dès le premier tour du scrutin présidentiel, le 16 avril 2011, avec 58,9 p. 100 des voix. Tandis que les observateurs internationaux reconnaissent la transparence du scrutin, la contestation des résultats par son principal adversaire, Muhammadu Buhari, un musulman du Nord, déclenche des émeutes meurtrières.

Tout au long de l'année 2011, de nombreuses violences éclatent dans la région du delta du Niger, dans l'État du Plateau situé entre le Nord à prédominance musulmane et le Sud à majorité chrétienne, et dans l'État de Borno où est basée la secte islamiste Boko Haram, opposée à l'éducation occidentale, qui multiplie les actions terroristes. En 2013, de violents combats opposent l’armée à Boko Haram, ce qui amène Goodluck Jonathan à décréter l’état d’urgence dans le nord-est du pays. L’offensive menée par l’armée ne vient pas à bout de la secte islamiste qui, en enlevant plus de deux cents lycéennes en avril 2014, suscite l’émotion internationale. Au cours des combats de 2013 et 2014, la secte et l’armée alternent avancées et reculs, libérations et reprises de diverses localités, ponctués de massacres, d’attentats et d’enlèvements. L’armée nigériane ne parvient pas à contenir la secte qui étend son contrôle territorial. La décrédibilisation de l’état-major, ainsi que sa nomination en dehors des règles légales par Goodluck Jonathan, contraignent le président à renouveler la direction de l’armée en janvier 2014, sans résultat notable sur le terrain. Fortement contesté et craignant pour sa réélection, le président Jonathan obtient le report des élections générales, initialement prévues pour février 2015, au moment où les voisins du Nigeria, qui subissent les attaques de Boko Haram à leurs frontières, commencent à s’engager plus avant dans le conflit. En mars 2015, le président Goodluck Jonathan est battu par son principal adversaire de 2011, Muhammadu Buhari, lors de la première alternance démocratique de l’histoire du pays.

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Pour citer l’article

« JONATHAN GOODLUCK (1957- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/goodluck-jonathan/