GOND

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Groupe aborigène de l'Inde centrale, les Gond habitent les États de Madhya Pradesh (pour les deux tiers), de Mahārāshtra, d'Āndhra Pradesh, de Chatisgarh, de Jharkhand et d'Orissa. Le gondi est une langue de la famille dravidienne et comprend plusieurs dialectes, assez différents puisque les locuteurs, au nombre de 2 millions dans les années 1990, ne parviennent pas toujours à se comprendre d'un dialecte à l'autre. Au contact de populations numériquement plus importantes, certains Gond ont abandonné leur langue et parlent hindi, marathe ou telugu selon la région. Leur nombre total en Inde serait de l'ordre de 4 à 5 millions en 2005. Mis à part un certain sentiment de solidarité dû au fait de leur appartenance à la communauté gond, les différents groupes n'entretiennent pas entre eux de rapports bien définis. Un groupe constitue à lui tout seul une caste endogamique avec une organisation sociale et une religion qui lui sont propres. La religion est généralement axée sur le culte des divinités du clan et du village et sur le culte des ancêtres.

Chaque groupe se subdivise en plusieurs fratries (saga) exogamiques, elles-mêmes divisées en clans (pari). Autrefois réunis territorialement, les membres d'un même clan sont aujourd'hui dispersés dans des villages différents ; la solidarité généalogique a de ce fait pris une importance primordiale.

Le système de parenté gond est de type harmonique, la filiation y est patrilinéaire, la résidence patrilocale, le mariage préférentiel avec la cousine croisée patrilatérale ou matrilatérale y est de règle et le mariage entre cousins croisés bilatéraux se pratique éventuellement. Les rites du mariage se déroulent chez le fiancé ; cette coutume oppose les Gond aux Mundā et aux Oraon. Cette pratique très générale a subi cependant certaines modifications sous l'influence du modèle hindou : les Muria de Bastar, ainsi que les Hil Mariā, pratiquent une forme de mariage où les rites essentiels ont lieu chez la fiancée ; il en est de même des Gond de Mandla.

Il n'y a aucune uniformité culturelle parmi les Gond. Les plus développés sont les Rāj Gond, qui eurent jadis un système féodal élaboré. Les rajās locaux appartiennent, par des liens de sang ou par mariage, à une maison royale qui exerce son autorité sur les groupes de villages. Les communautés, autrefois très peu fixes en dehors des installations fortifiées des rajās, défrichaient des champs et débroussaillaient de nouvelles portions de terres forestières à l'aide de charrues et de bœufs. Les Rāj Gond continuent à rester hors du système hindou des castes, ne reconnaissent pas la supériorité des brahmanes et ne se sentent pas liés par les règles hindoues, comme le respect des vaches sacrées, par exemple. Certains Rāj Gond entreprirent pourtant, au milieu du xxe siècle, une réforme visant à l'intégration complète des Gond à l'hindouisme. L'influence hindoue est particulièrement importante le long de la rivière Narbada, dans le district de Nandla.

Les hauts plateaux de Bastar dans le Madhya Pradesh sont le refuge de trois importantes tribus gond : les Muria, les Mariā Corne d'Aurochs, et les Mariā des collines. Ces derniers, qui habitent les collines accidentées de Abujmar, sont les plus primitifs. Leur agriculture est de type traditionnel sur brûlis (essartage) ou jhum, sur les flancs des montagnes. Les houes et les bâtons à fouir restent plus répandus que les charrues. Les villages sont déplacés régulièrement, suivant la rotation des cultures sur les terres du clan.

Les Mariā Corne d'Aurochs, dénommés ainsi à cause de leur coiffure de danse, vivent dans une contrée moins montagneuse et possèdent des champs qu'ils cultivent à l'aide de charrues et de bœufs.

Les Muria sont célèbres pour leur maison des jeunes ou ghotul, au sein de laquelle les jeunes célibataires des deux sexes mènent une vie sociale hautement organisée ; ils reçoivent une formation civique et sexuelle. La vie semi-nomade des Gond basée sur le défrichage de nouvelles terres forestières a presque entièrement disparu après l'occupation britannique. Les Gond sont devenus des agriculteurs sédentaires.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

Classification

Autres références

«  GOND  » est également traité dans :

GONDWANA

  • Écrit par 
  • Alain BLIECK, 
  • Michel WATERLOT
  •  • 2 444 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Historique de la notion de Gondwana »  : […] Le terme de Gondwana provient des royaumes des Gonds, en Inde (cf. inde – Histoire. 3. L'Inde musulmane ). Ces royaumes étaient situés au nord de l'empire de Golconde, au sud-ouest du Bengale et au sud du fleuve Narbada, dans la vallée duquel les formations géologiques « gondwaniennes » ont été étudiées et décrites pour la première fois. Appliqué à des formations continentales indiennes, le voca […] Lire la suite

Pour citer l’article

Yvan BARBÉ, « GOND », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/gond/