GRAHAME GLORIA (1929-1981)

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Certaines vedettes ont accédé au rang de mythe dans l'imaginaire des spectateurs par le biais d'une particularité physique (le « regard » de Laureen Bacall) ou vestimentaire (l'imperméable d'Humphrey Bogart), voire d'un accessoire (les gants de Rita Hayworth dans Gilda). Sans incarner ainsi un sex-symbol ni atteindre ce degré de popularité, la comédienne Gloria Grahame est devenue chère au cœur des cinéphiles... au cours d'une scène où elle se faisait ébouillanter le visage ! Découverte dans les années 1940 par Louis B. Mayer, elle était considérée jusqu'alors comme le type même de la starlette saine et aseptisée. Elle tourne ainsi deux ou trois films sans qu'éclate encore son charme indéfinissable ; par la suite, elle va s'attacher à composer un personnage beaucoup plus complexe et nuancé, qu'elle impose véritablement en 1947 dans Feux croisés, d'Edward Dmytryk : elle matérialise la femme fatale du roman noir américain, impitoyable et vulnérable à la fois. Elle saura parfaitement exploiter la dualité de ce personnage type, puisqu'elle sera aussi bien la frivole Belle du Sud dans le film de Minnelli Les Ensorcelés (composition qui lui vaudra un oscar en 1952) que la garce calculatrice – mais attachante – des deux films de Fritz Lang, Règlement de comptes (1953) et Désirs humains (1954). En 1950, un metteur en scène inspiré, Nicholas Ray, lui avait offert dans In a Lonely Place (Le Violent) un rôle de réflexion sur le mythe de la comédienne où, telle Brigitte Bardot dans Le Mépris, elle put donner sa mesure.

Gloria Grahame aborde la moindre composition avec une ironie amusée, qu'il s'agisse du rôle de la petite dompteuse d'éléphants dans Sous le plus grand chapiteau du monde de Cecil B. De Mille (1952) ou de celui d'une femme de médecin dans le film de Minnelli, La Toile d'araignée, en 1955.

D'une filmographie inégale, il faut retenir encore Le Coup de l'escalier de Robert Wise ; pendant les années 1960, l'actrice fera essentiellement du théâtre à Londres et à Broadway – où elle se cantonnera dans les rôles classiques de femme névrosée ou angoissée chers à Tennessee Williams. Au cinéma, quelques incursions dans des films fantastiques mineurs ne feront pas oublier ses fortes compositions précédentes.

—  André-Charles COHEN

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André-Charles COHEN, « GRAHAME GLORIA - (1929-1981) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/gloria-grahame/