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VAN DER KEMP GÉRALD (1912-2001)

Gérald Van der Kemp est né en 1912, à Charenton-le-Pont, près de Paris. En 1945, il est nommé à Versailles par Jacques Jaujard, directeur des Musées nationaux. Il en deviendra conservateur en chef en 1953 jusqu'au moment de sa retraite en 1980.

Il avait trouvé, au lendemain de la guerre, un château et des dépendances nécessitant des travaux de restauration considérables et il a pu réaliser ces résurrections rêvées, espérées par un Pierre de Nolhac au début du siècle. À la fin de sa vie, il pouvait dire, la tâche accomplie : „ Il n'y pas un endroit que je n'ai pas touché, embelli.“

Pour mener à bien ce labeur de longue haleine, de nombreux métiers d'art furent à l'honneur, et même revivifiés, tout particulièrement les grandes maisons de soieries lyonnaises à qui furent confiés les retissages nécessaires pour les deux chantiers phares du château, celui de la Chambre de la reine et celui de la Chambre du roi : un lampas de soie polychrome à fleurs, roses et lilas, rubans et plumes de paon, et un brocart cramoisi filé or, frisé or, frisé argent, filé lamé or, d'une exceptionnelle richesse, de fabrication si complexe. Ces étoffes célèbres furent mises sur le métier respectivement en 1946 et en 1957, pour être achevées et posées, l'une en 1976, soit trente ans plus tard, l'autre en 1980 soit vingt-cinq ans plus tard... Cela s'explique par la lenteur du tissage (3 cm par jour), fait à la main sur les métiers de la Croix-Rousse, mais aussi par les lancinants problèmes de crédit, résolus pour la première soierie, grâce à un allègement des taxes décidé par le gouvernement sur les productions de luxe et dans l'autre cas, par une loi-programme et par la participation de mécènes tels Arturo Lopez-Willshaw, M. et Mme Pierre Schlumberger et la fondation américaine Lasker.

Le public ne s'est pas trompé, revenant en masse au château et plébiscitant ces restitutions.

Ce souci des métiers d'art et de leur encouragement par des commandes d'État s'accompagnera par ailleurs de l'installation, dans le musée même, d'ateliers d'art, menuiserie, dorure, tapisserie, peintures, horlogerie ancienne..., qui avaient été utilisés dans un chantier précédent, celui du Grand Trianon (1962-1965). Ce mélange fort réussi de la grandeur louisquatorzienne et de mobilier Empire de la plus haute qualité fut salué comme une grande réussite, ayant sollicité nombre de métiers d'art, des soyeux aux passementiers, jusqu'au tissage des tapis qui furent copiés sur les originaux trop abîmés ou inaccessibles.

Le musée d'Histoire de France voulu par Louis-Philippe avait également besoin d'être revu, selon les concepts d'une muséographie moderne. La première tranche, dédiée aux collections de la Révolution et du premier Empire (attique Chimay), fut inaugurée en 1958, puis en 1970 l'attique du Midi. Dans l'aile Nord, les salles du xviie siècle furent ensuite entièrement repensées, puis les grandes salles de l'épopée napoléonienne (rez-de-chaussée, aile du Midi), en 1978, sinistrées quelques semaines après leur ouverture par une bombe posée par les indépendantistes bretons. Le Petit Trianon ne fut pas oublié : la merveilleuse demeure, devenue emblématique de Marie-Antoinette, était abandonnée, depuis les lointains efforts de l'impératrice Eugénie pour y évoquer la souveraine à laquelle elle vouait un culte.

C'est à partir du début des années 1970 qu'on put le débarrasser progressivement de son trop fameux gris Trianon, remplacé par le „petit vert “ d'origine et que certains éléments de mobilier qu'y avait connus la reine purent y reprendre place.

Gérald Van der Kemp fut l'initiateur de grandes expositions à Versailles : la première fut dédiée à Marie-Antoinette, Dauphine et Reine, en 1955, suivie[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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