GAYO ou GAJO

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Les hauts plateaux du centre-nord de Sumatra sont situés entre le pays atjeh et le pays batak. Sous la colonisation hollandaise, le territoire gayo était divisé en districts administratifs : Tamiang, Takingseun, Serbudjadi, Gajo Loeos, Alas. La population autochtone se chiffrait en 1930 à quelque 50 000 personnes et était située sur les zones basses du pourtour des lacs, ainsi que dans les vallées fluviales à l'entour du lac de Tawar ; cette population a été traditionnellement dénommée gayo (gajo). L'anthropologue Raymond Kennedy classe les Gayo-Alas comme représentants d'un groupe proto-malais, relié d'une manière très étroite aux Batak. La langue ne serait qu'un dialecte batak.

Jusqu'au xxe siècle, les territoires gayo sont restés isolés de tout contact avec les Occidentaux ; cependant leurs États avaient déjà subi la domination atjeh, peuple du littoral, et étaient gouvernés par leurs sultans. Les emprunts aux Atjeh sont très sensibles quant au langage, aux coutumes matrimoniales et au mode de construction des maisons. Les habitations atjeh ressemblent en effet en tout point à celle des Batak ; chaque maison regroupe plusieurs familles et peut contenir jusqu'à soixante personnes avec le quartier des hommes, celui des femmes et, au centre, le dortoir. Il arrive que ces « longues maisons » soient regroupées en villages fortifiés ou clairsemées sans aucun système de défense contre l'extérieur. L'économie repose en grande partie sur la culture des rizières irriguées, situées surtout au fond des vallées ; on pratique encore sur les hauts plateaux la culture sur brûlis (tabac, maïs, tubéreuses) ; l'élevage du bétail (buffles, chèvres et moutons) est relativement important. La technologie et la culture matérielle des Gayo sont généralement proches de celles des Batak, mais elles comportent de nombreux emprunts aux Atjeh. À la base de l'organisation sociale existent des sibs ou blah ; exogames et patrilinéaires, ces sibs représentent l'unité politique de base. Les sibs d'un même district sont répartis selon la descendance en trois phratries, l'exogamie étant obligatoire au sein de ces phratries. Les Gayo sont de religion musulmane ; leur conversion, qui date à peu près du xviie siècle, est consécutive à l'influence des sultanats atjeh ; il demeure néanmoins des traces de culte d'esprits locaux. Les Gayo croient également à la transmigration des âmes et aux effets des pratiques divinatoires.

—  Yvan BARBÉ

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Pour citer l’article

Yvan BARBÉ, « GAYO ou GAJO », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/gayo-gajo/