OZANAM FRÉDÉRIC (1813-1853)

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Né à Milan, Frédéric Ozanam fit ses études secondaires à Lyon, puis, après un stage chez un avocat, fut envoyé par son père à Paris, où il fut l'hôte d'Ampère et où il étudia le droit. Il y rencontra aussi Chateaubriand mais surtout Lamennais, Montalembert, Lacordaire. Il fut ainsi un des artisans les plus fervents du catholicisme libéral d'alors. Habité par une foi très profonde, il partagea désormais toute sa vie entre son enseignement et ses recherches juridiques, puis historiques, d'une part, et l'action sociale et religieuse, d'autre part. En 1833, il créa avec quelques amis la Société de Saint-Vincent-de-Paul, connue aussi sous le nom de Conférences de Saint-Vincent-de-Paul et destinée à regrouper les catholiques démocrates ou conservateurs, pour la diffusion de la foi et de la charité. Cette société, qui atteignait déjà 2 000 membres à la mort d'Ozanam, devait être le plus vaste organisme catholique d'assistance et jouer un rôle considérable dans les paroisses urbaines du monde entier jusqu'au milieu du xxe siècle. Laïcs appartenant généralement aux milieux bourgeois et traditionalistes, les confrères de Saint-Vincent-de-Paul se souciaient à la fois d'aider, non sans quelque paternalisme, le pauvre de leur voisinage, le pauvre accessible, et d'élaborer ensemble une sorte de modèle pédagogique du dévouement charitable.

En réalité, les Conférences de Saint-Vincent-de-Paul étaient nées dans un contexte où le souci du pauvre prenait, pour elles, un sens beaucoup plus âpre. Et Ozanam, leur fondateur, adopta en matière sociale et politique une attitude nettement plus radicale que certains de ses compagnons de combat. En avril 1848, il participa à la fondation du quotidien L'Ère nouvelle, qui se rallia aux idées soutenues par L'Atelier, quand, en septembre, son directeur, Lacordaire, qui y jouait un rôle de modération, se retira, ainsi que plusieurs rédacteurs. Ozanam continua d'y apporter une active collaboration concernant les problèmes sociaux, appuyant ainsi une tendance qui allait s'affirmer jusqu'au rachat du journal par un royaliste, M. de La Rochejacquelein, en avril 1849 : enquêtes sur la classe ouvrière, revendications en faveur du droit au travail, comptes rendus de l'activité des sociétés ouvrières, etc. Sans être à proprement parler un théoricien du catholicisme social, Ozanam occupa ainsi une place originale parmi les catholiques libéraux du xixe siècle.

—  François BURDEAU

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En fondant L'Ère nouvelle , les abbés Lacordaire, Maret et de Coux, ainsi que Frédéric Ozanam, le fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, reprenaient dans une certaine mesure l'entreprise tentée en 1830 avec L'Avenir pour concilier Dieu et la liberté ; mais Lamennais n'était plus avec eux : ayant rompu avec l'Église, il avait son propre journa […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-ere-nouvelle/#i_4927

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François BURDEAU, « OZANAM FRÉDÉRIC - (1813-1853) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/frederic-ozanam/