SAGAN FRANÇOISE (1935-2004)

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La « légende Sagan »

Les succès s'enchaînent. Ses romans Un certain sourire (1956), Dans un mois, dans un an (1957), Aimez-vous Brahms... (1959), La Chamade (1965) se vendent très bien, malgré des critiques presque toujours défavorables, et font sa fortune. En 1960, la pièce de théâtre Château en Suède connaît un énorme succès. Françoise Sagan fait la une des médias qui popularisent son apparence décontractée, son éternelle cigarette, sa mèche blonde et son débit de paroles de plus en plus rapide. Une vraie « panoplie » pour « starlette de la littérature », comme se plairont à le rappeler les critiques. Elle dépense beaucoup et sans compter. Il y a les fêtes, les amis (à commencer par Florence Malraux et Bernard Frank), l'alcool, les paradis artificiels qu'elle a découverts après son accident de voiture en 1957, le jeu, les courses, les voitures de sport et une extraordinaire générosité. En 1972, elle quitte Julliard pour Flammarion, chez qui elle publie ses romans Des bleus à l'âme (1972), Un profil perdu (1974), Le Lit défait (1977), Le Chien couchant (1980), deux recueils de nouvelles, Des yeux de soie (1975) et Musiques de scène (1981), et deux pièces de théâtre, Un piano dans l'herbe (1970) et Il fait beau jour et nuit (1978). Ses livres se vendent encore très bien, mais on est loin du million d'exemplaires de Bonjour tristesse et les dettes s'accumulent dangereusement. Les années 1980 et 1990 sont marquées par de multiples affaires qui l'affaiblissent aussi bien moralement que financièrement : accusation de plagiat, mise en examen pour usage de drogue et mise en cause dans l'affaire Elf. L'admiration et l'amitié que lui porte François Mitterrand, élu président de la République en 1981, lui sont un réconfort précieux. Mais Françoise Sagan court après l'argent. Elle écrit beaucoup, accepte toutes les sollicitations au risque de ne pas respecter certains contrats. Ses derniers romans Un orage immobile (1983), Un sang d'aquarelle (1987), La Laisse (1989), Les Faux-fuyants (1991), Un chagrin de passage (1994) et Le Miroir égaré (1996) ainsi que ses textes de souvenirs Avec mon meilleur souvenir (1984), ... et toute ma sympathie (1993) et Derrière l'épaule (1998) n'ont pas le succès escompté. Ses droits d'auteur sont entièrement engloutis par le remboursement de ses dettes et elle doit sa survie à la générosité de quelques amis fidèles. Elle qui avait revendiqué l'insouciance et la liberté achève sa vie dans une prison dorée. Après la disparition, en 1989, de son frère et de sa mère, puis, en 1991, de Peggy Roche, qui lui assurait protection et stabilité depuis quinze ans, la solitude que Sagan avait fui toute sa vie est désormais son lot. Les excès passés et la consommation de drogue l'ont physiquement affaiblie. Ses ennuis de santé se multiplient. Réfugiée dans le manoir d'Equemauville en Normandie, Françoise Sagan s'éteint le 5 septembre 2004. Elle est inhumée dans sa ville natale en présence des autorités, de ses amis fidèles et de très nombreux admirateurs. Son fils, Denis Westhoff, né de son second mariage, a, malgré les dettes, accepté la succession et décidé de se battre pour assurer la postérité de l'œuvre.

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Frédéric MAGET, « SAGAN FRANÇOISE - (1935-2004) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/francoise-sagan/