O'CONNOR FLANNERY (1925-1964)

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Américaine catholique et sudiste, Flannery O'Connor a pour province la Georgie, mais aussi la chute, la rédemption et la grâce, qu'elle explore à travers toute son œuvre avec une rigueur et une sévérité très jansénistes. En exergue à l'un de ses meilleurs livres, un recueil de nouvelles intitulé Les braves gens ne courent pas les rues (A Good Man Is Hard to Find, 1955), elle a placé une citation de saint Cyrille de Jérusalem : « Pour aller vers le Père des âmes, il nous faut passer sous l'œil du Dragon » ; Flannery O'Connor croit au mal, et que le diable est partout. Inutile de s'étonner si sur la route de ses personnages sont postés la souffrance, le viol, le meurtre.

L'opération de la grâce se fait sans plus de douceur, car Flannery O'Connor attache à la violence une valeur positive ; la vie est un combat, la violence (qui renvoie au spirituel) est nécessaire à qui veut l'emporter sur l'inertie, à preuve Jacob arrachant à l'ange sa bénédiction. Le titre de son second roman, Et ce sont les violents qui l'emportent (The Violent Bear It Away, 1960), est à cet égard révélateur.

On y retrouve une figure qui apparaît déjà dans son premier roman, La Sagesse dans le sang (Wise Blood, 1952), et qui hante toute son œuvre : l'évangéliste, le prophète. Vrai ou faux, tartuffe ou sincère, enthousiaste ou « malgré lui », le prophète est chez elle un personnage cardinal, assurément l'un des plus signifiants. Flannery O'Connor reprend en effet à son compte l'idée que le prophète ne jouit d'aucun égard dans son pays, pour la raison majeure qu'il est différent, donc perçu comme fou ; ainsi incarne-t-il la marginalité. Hors de la norme, il devient un « grotesque », que l'auteur utilise pour choquer, pour violenter son lecteur, et qui lui permet également d'éclairer l'humain en le grossissant et en le déformant ; l'être est mieux révélé quand on le tire à son extrême : autre opération de la violence chez Flannery O'Connor, cette fois au niveau de la technique.

L'essentiel étant de donner à voir en dévoilant des mystères, on comprend que l'éc [...]

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Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, maître assistant à l'Institut Charles-V, université de Paris-VII-Denis-Diderot

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Pour citer l’article

Jean-Paul ROSPARS, « O'CONNOR FLANNERY - (1925-1964) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 juin 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/flannery-o-connor/