PYAT FÉLIX (1810-1889)

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Fils d'un avocat légitimiste, Félix Pyat devient lui-même avocat, mais préfère bientôt le journalisme et la littérature. Auteur de nombreux articles et de pièces « sociales » d'un goût mélodramatique (Le Brigand et le Philosophe, 1834 ; Les Deux Serruriers, 1841 ; Les Chiffonniers de Paris, 1847), il jouera toute sa vie, en paroles, le rôle du romantique révolutionnaire, dépourvu de tout courage, doué pour les volte-face et pour les calomnies. Après la révolution de 1848, il est élu député de la Constituante, puis de la Législative. À la suite des émeutes de juin, il se réfugie en Suisse, en Belgique, puis à Londres, où il anime le Parti révolutionnaire en exil, baptisé la Commune révolutionnaire. Il inonde la France de ses libelles incendiaires (Lettre aux proscrits, 1855). En 1864, il adhère à l'Internationale, veut la contrôler, mais se heurte à Marx qui n'aimait pas « ses effets de théâtre ». En 1869, il rentre en France, mais, condamné, il regagne l'Angleterre. À la chute de l'Empire, il revient et fonde Le Combat, le journal qui est le premier à annoncer la capitulation de Bazaine, nouvelle qui suscite l'émeute du 31 octobre 1870. À nouveau arrêté, son journal supprimé, il fonde peu de temps après Le Vengeur, interdit en février 1871, qui reparaîtra sous la Commune. Élu à l'Assemblée nationale, il démissionne le 3 mars. Le 18 mars, il se maintient à l'écart, mais il se rallie à la Commune en avril et est élu au Conseil de la Commune. Il se distingue par ses déclarations incendiaires, grandiloquentes et changeantes. Homme à double face, il se contredit dans ses actes, dans ses paroles et dans ses écrits. Il fait d'abord partie de la Commission exécutive, puis, le 1er mai, du Comité de salut public. En court-circuitant sans cesse les directives militaires de Cluseret, puis de Rossel, et en éliminant les hommes les plus capables et les plus courageux de la minorité, il contribue à la désorganisation de la Commune. Le 9 mai, Delescluze le remplace dans le deuxième Comité de salut public, mais il est trop tard. Alors, l'extrémiste en paroles se terre et se tait. Il disparaît le 22 mai et vit en exil à Londres jusqu'à l'amnistie. Il fonde en 1880 La Commune, en 1881 La Commune libre. Il devient sénateur du Cher en 1887, puis député des Bouches-du-Rhône en 1888. Ce théâtreux de la politique fut durement jugé par ses pairs, dont certains dénoncèrent son goût de l'intrigue et sa lâcheté à la chute de la Commune.

—  Jean BANCAL

Écrit par :

  • : docteur ès lettres, ès sciences économiques, docteur en droit, professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne, directeur du Centre d'études et de recherches pour le développement intégré

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COMMUNE DE PARIS

  • Écrit par 
  • Édith THOMAS
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Dans le chapitre « Les communards »  : […] Ces hommes qui composent la Commune sont d'origines diverses. On y trouve des bourgeois riches : ils s'élimineront d'eux-mêmes, en donnant leur démission, et seront remplacés lors des élections complémentaires du 16 avril ; puis les élus issus de la petite et moyenne bourgeoisie : employés, instituteurs, médecins, journalistes, qui avaient déjà milité sous le second Empire dans les rangs du Parti […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/commune-de-paris-1871/#i_15902

Pour citer l’article

Jean BANCAL, « PYAT FÉLIX - (1810-1889) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 septembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/felix-pyat/