ESCARPE & CONTRESCARPE

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Termes de fortification. L'escarpe est le talus ou le mur qui borde le fossé du côté de la place et qui fait face à l'ennemi. La contrescarpe est opposée à l'escarpe : c'est donc le talus du fossé qui se trouve du côté de la campagne ou de l'ennemi et qui supporte le glacis (elle se raccordait souvent à celui-ci par le chemin couvert, qui, derrière la crête des glacis, entoure le corps de place et tous les dehors). L'escarpe a été le seul obstacle opposé à l'adversaire quand la fortification se réduisait à de hautes murailles. Avec le développement des bouches à feu et sa conséquence, l'extension de la défense en profondeur, l'escarpe est devenue la partie principale d'un système fortifié plus étalé. Mais, à partir de 1885, l'invention des obus-torpilles à grand pouvoir de destruction en a diminué l'importance au profit de la contrescarpe.

Vauban avait d'abord donné à ses escarpes d'assez fortes hauteurs, puis il les abaissa à des niveaux différents suivant qu'il s'agissait des dehors ou de l'ouvrage principal : ainsi à Neuf-Brisach, il abaisse au niveau du sol naturel l'escarpe des dehors et des bastions détachés et garde l'escarpe haute pour l'enceinte intérieure. À la fin du xviiie siècle, Carnot préconise un nouveau système d'escarpe, l'escarpe détachée, simple mur large de un à trois mètres, haut de cinq mètres, moins coûteux à construire que l'escarpe traditionnelle, car il n'a pas à supporter la poussée des terres. Peu utilisé en France, ce système est, par contre, souvent adopté en Allemagne. Quant à Chasseloup-Laubat, il suggère les escarpes à voûte en décharge : c'est une sorte de muraille double qui constitue le long du rempart un corridor voûté à arceaux, dont la paroi intérieure est accolée aux terres et la paroi extérieure percée de meurtrières qui permettent de battre le fossé.

Les progrès de l'artillerie contraignirent à réduire de plus en plus la hauteur de l'escarpe pour la défiler au tir. La tendance était donc à surélever la contrescarpe, beaucoup moins vulnérable aux tirs adverses, et à approfondir les fossés, dans la mesure où cet approfondisse [...]


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Écrit par :

  • : docteur habilité à la recherche, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris, ancien chef du service historique de l'Armée de terre

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FORTIFICATIONS

  • Écrit par 
  • Jean DELMAS
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Dans le chapitre « Les profils terrassés »  : […] L'introduction de la poudre en Occident n'entraîne pas de changements immédiats dans l'architecture militaire. Les boulets de pierre que lancent les premières bouches à feu n'entament pas l'escarpe d'Orléans (1428), n'ébrèchent que légèrement celle de Constantinople (1453). Mais le boulet de fonte triomphe de toutes les fortifications existantes. L'artillerie de Charles VIII en fait une brutale d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/fortifications/#i_25340

Pour citer l’article

Jean DELMAS, « ESCARPE & CONTRESCARPE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/escarpe-et-contrescarpe/