ÉPAULARD, sous-marin

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Conçu dans les années 1970 par le Cnexo (Centre national pour l’exploitation des océans, devenu Ifremer en 1984) et construit par la société ECA (spécialisée dans la conception et la fabrication d'équipements et de systèmes robotisés opérant en milieu hostile) au port de Brégaillon à La Seyne-sur-Mer (Var), Épaulard est un sous-marin autonome d’observation des grandes profondeurs. Après des essais menés entre avril 1979 et septembre 1980, il a été mis à la disposition du Cnexo, débutant sa première campagne opérationnelle le 22 décembre 1980.

Épaulard appartient à la catégorie des engins sous-marins inhabités, qui sont beaucoup moins coûteux et ont souvent une autonomie plus élevée que les submersibles habités. Il présente deux particularités principales : c'est un engin libre, c'est-à-dire qu'il est indépendant de son navire porteur, avec lequel il peut communiquer par procédé acoustique durant ses plongées (c’est ce que l’on appelle un UROV – untethered remotely operated vehicle) ; c'est également un engin étudié pour les grandes plaines abyssales du Pacifique, qui recèlent l'essentiel des ressources en nodules polymétalliques intéressants du point de vue minier, c'est dire qu'il peut atteindre la profondeur de 6 000 mètres.

Épaulard se présente extérieurement comme un petit sous-marin aveugle en forme de goutte d'eau aplatie selon le plan vertical. Il mesure 4 mètres de longueur pour 1,10 mètre d'épaisseur et 2 mètres de hauteur. L'arrière, fortement aplati, se termine par l'hélice de propulsion et le gouvernail. L'engin pèse près de 3 tonnes. Il porte deux sondeurs acoustiques qui lui permettent de déterminer à tout instant sa profondeur par rapport au fond et par rapport à la surface, ainsi qu'un ensemble photographique. Au cours d'un cycle de plongée de douze heures, il peut descendre jusqu'à 6 000 mètres, parcourir à une vitesse de 2 nœuds une distance de 20 à 25 kilomètres sur des pentes ayant jusqu'à 30 p. 100 de déclivité, et rapporter 5 000 photographies du fond. Naviguant entre 7 et 20 mètres au-dessus du fond, il permet une couverture photographique continue de celui-ci. L'altitude au-dessus du fond est déterminée par le système de guiderope. Lorsqu'il reçoit l'ordre de remontée du navire porteur, Épaulard largue un lest perdable et regagne la surface où il est récupéré.

Épaulard a été utilisé avec succès pour l'étude des plaines abyssales du Pacifique central où se rencontrent des accumulations intéressantes de nodules polymétalliques, en particulier lors des campagnes SEANOD en 1980 et 1981. Des améliorations ont été effectuées sur le sous-marin à partir de 1982. Il a servi à photographier, en 1985, des fûts de déchets radioactifs dans les profondeurs de l’Atlantique nord-est, sur un site défini par l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN). Il a également permis d’étudier, en 1990, les poissons et leur comportement dans l’écosystème benthique profond du golfe de Gascogne.

Épaulard a été désarmé au début des années 1990 et exposé sur le parvis du centre Ifremer de Méditerranée à La Seyne-sur-Mer.

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Écrit par :

  • : responsable des archives et du patrimoine intellectuel, Ifremer, membre du bureau de l'Institut français de la mer Bretagne occidentale
  • : professeur émérite à l'université de la Méditerranée, Marseille

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Pour citer l’article

Gilles CHATRY, Lucien LAUBIER, « ÉPAULARD, sous-marin », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/epaulard-sous-marin/