ROÏDIS EMMANUEL (1836-1904)

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C'est à Syra, dans les Cyclades, que naquit Emmanuel Roïdis. Il a ensuite vécu à Gênes, où son père était consul de Grèce. Après avoir séjourné en Europe (en France et à Berlin) et voyagé en Orient, il revient se fixer à Athènes. Longtemps directeur de la Bibliothèque nationale de Grèce, il devra abandonner ce poste à cause de ses pamphlets politiques. Ayant perdu sa fortune, devenu sourd et abandonné par ses amis, il meurt dans la plus grande solitude.

Il est le traducteur, en grec, de L'Itinéraire de Chateaubriand et de l'Histoire d'Angleterre de Macaulay et l'auteur de Parerga, recueil d'articles littéraires et historiques (1885), des Idoles, livre consacré à la question de la langue (1893) et surtout de La Papesse Jeanne (1866). Dans cet ouvrage traduit en plusieurs langues (en français, notamment, par Jarry), et dont l'accueil fut tumultueux, Roïdis avait visé la corruption de l'Église et il a réussi dans un style vif et brillant une satire abondante en références littéraires. Doté d'une culture européenne, il sous-estimait, comme critique, les écrits de ses contemporains et il méconnaissait la singularité de la culture néo-hellénique. L'ensemble de son œuvre ainsi que sa personnalité illustrent le conflit opposant l'écrivain rationaliste à la tradition de son propre pays. Sa meilleure contribution consiste dans la critique sévère du romantisme pompeux de son époque et dans la construction d'une prose élégante et limpide dont les qualités de style exercent encore le plaisir du lecteur. Dans ses contes, écrits vers la fin de sa vie, il a développé le récit sous forme de souvenirs personnels et d'observations psychologiques. Quoiqu'il fût défenseur de la démotique, ses œuvres furent écrites en langue puriste. Cette littérature apparaît aujourd'hui trop influencée par une culture européenne conditionnée historiquement et sans lien profond avec les sources du néo-hellénisme.

—  Nicolas LEVENTIS

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Dans le chapitre « Roïdis et l'expression critique »  : […] Naturellement, la prose athénienne dans son ensemble ne pouvait échapper à l'emprise romantique et puriste. Après 1850, des prosateurs tels que S. Xénos (1821-1894), Rangabé (1809-1892), P. Calligas (1814-1896) cultivent le roman historique, sous l'influence, directe ou indirecte, de Walter Scott. Esprit critique, satirique, impitoyable, E. Roïdis […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/grece-langue-et-litterature/#i_12485

Pour citer l’article

Nicolas LEVENTIS, « ROÏDIS EMMANUEL - (1836-1904) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/emmanuel-roidis/