ELKABETZ (R.)

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Née le 27 novembre 1964 à Beer-Sheva, ville située en plein cœur du désert du Néguev, dans une famille d’origine juive marocaine, Ronit Elkabetz commence une carrière de mannequin avant de décrocher un premier rôle au cinéma dans Le Prédestiné de Daniel Wachsmann (1990). Dès son deuxième film, Eddie King de Gidi Dar (1992), un thriller moderniste aux accents godardiens, elle se distingue par son audace et son goût de la prise de risque.

Le Procès de Viviane Amsalem, S. et R. Elkabetz

Le Procès de Viviane Amsalem, S. et R. Elkabetz

Photographie

De Mariage tardif au Procès de Viviane Amsalem, Ronit Elkabetz a incarné des héroïnes qui, chacune à sa manière, interrogent la société israélienne. Pour Prendre femme, Les Sept Jours et Le Procès de Viviane Amsalem, elle est également passée derrière la caméra, en collaboration avec... 

Crédits : Arte France cinéma, Canal +, DBG, Elzevir & Cie, Les Fillms du Losange/ BBQ_DFY/ Aurimages

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Mais c’est grâce à Sh’chur de Shmuel Hasfari (1994) qu’elle gagne le respect de la critique et se fait connaître du grand public. Dans ce film, elle incarne une jeune femme d’origine marocaine, enfermée dans un asile pour cause de déséquilibre psychique, et qui se découvre dotée de forces surnaturelles. Sh’chur est l’un des premiers films israéliens à briser certains tabous concernant la représentation de la culture séfarade à l’écran, dépassant la vision stéréotypée de cette communauté, telle qu’elle s’exprime notamment dans la comédie « ethnique » appelée bourekas (du nom d’une pâtisserie orientale), grand succès populaire du cinéma national dans les années 1960-1970.

Ronit Elkabetz composera par la suite une galerie de personnages de femmes combatives, souvent issues de la périphérie défavorisée d’Israël, qui luttent pour se faire une place dans une société masculine souvent machiste et discriminatoire. Dans Mon Trésor de Keren Yedaya (2004, caméra d’or au festival de Cannes), elle interprète le rôle d’une prostituée d’origine orientale que sa fille tente désespérément de sauver d’un destin auquel elle finira par succomber elle-même. Le film de Yedaya allie intelligemment la réflexion politique à la critique féministe, deux aspects puissamment réunis dans le personnage incarné par Elkabetz dans un rôle inoubliable.

L’actrice atteint la notoriété internationale grâce à deux films présentés également au festival de Cannes : Mariage tardif de Dover Kosashvili (2001) et La Visite de la fanfare d’Eran Kolirin (2007). Dans le premier, une satire sociale se déroulant dans la communauté juive géorgi [...]


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Ariel SCHWEITZER, « ELKABETZ (R.) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/elkabetz-r/