SACA GONZÁLEZ ELÍAS ANTONIO (1965- )

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Journaliste salvadorien, président de la République de 2004 à 2009.

Elías Antonio Saca González, né le 9 mars 1965 à Usulután (dans le sud-est du Salvador), est le petit-fils de Palestiniens catholiques ayant quitté Bethléem au début du xxe siècle. Sa famille prospère dans le commerce du coton puis, lorsque la filature familiale d'Usulután fait faillite, les Saca s'installent à San Salvador. Alors qu'il est encore à l'école, Elías Antonio Saca González travaille pour plusieurs stations de radio. En 1982, il lance l'émission « Le Sport seulement » sur la station de radio Sonora, puis obtient un poste de commentateur sur la chaîne de télévision Channel 4 – dont il occupera par la suite le poste de directeur sportif pendant plus de dix ans. Sa couverture des matchs de football lui assure une grande notoriété.

Elías Antonio Saca González entre à l'université du Salvador en 1984, mais n'obtient pas son diplôme de journaliste, trop occupé par sa carrière professionnelle. Après avoir participé en 1987 à la création de Radio América, il quitte celle-ci tout comme Channel 4 en 1993 pour fonder avec son épouse la station de radio Samix. Le succès de cette dernière le conduit à assurer des postes de direction dans diverses commissions professionnelles ou sociétés locales. En 2001, il devient le président de l'Association nationale des entreprises privées (A.N.E.P.). La même année, une enquête révèle qu'Elías Antonio Saca González est la troisième personnalité la plus populaire du pays, derrière le maire de San Salvador, Héctor Silva Argüello, et le président Francisco Flores Pérez.

En 1989, il avait adhéré au parti de l'Alliance républicaine nationaliste (Arena, droite). En tant que président de l'A.N.E.P., il soutient la politique pro-américaine du président Francisco Flores et sa décision d'adopter le dollar des États-Unis comme monnaie nationale du Salvador. Ferme partisan de l'économie de marché, Elías Antonio Saca González ne s'en préoccupe pas moins du monde ouvrier. Aussi le président Flores le nomme-t-il à la tête d'une commission dont les travaux aboutiront à une modeste augmentation du salaire minimum. Confronté à la forte opposition du Front Farabundo Martí de libération nationale (F.M.L.N., extrême gauche) lors de l'élection présidentielle de 2004, l'Arena choisit de présenter la candidature de Saca González, comptant sur sa popularité plus que sur la fermeté de ses positions idéologiques. En dépit de son manque d'expérience politique, celui-ci parvient à faire l'unanimité au sein du parti et à conduire la campagne contre le candidat du F.M.L.N. Schafik Jorge Hándal, un ancien dirigeant de la guérilla. Tout en s'adressant aux ouvriers auxquels il promet de ne pas privatiser la Sécurité sociale, Saca González axe sa campagne sur la lutte contre le communisme, mettant en garde contre la dégradation des relations avec les États-Unis que la victoire du F.M.L.N. ne manquerait pas de provoquer. Il est élu, le 21 mars 2004, avec 57,7 p. 100 des suffrages. Dans son discours d'investiture, il promet d'« oublier le passé sans haine et sans rancœur » et de placer les questions sociales au centre de ses préoccupations.

Confronté à une forte criminalité, notamment liée aux maras (gangs extrêmement violents vivant de vols et d'extorsions) et aux trafiquants de drogue, Saca González continue la politique répressive des précédents gouvernements. Il poursuit également, sur le plan international, la politique de proximité avec les États-Unis en envoyant des troupes en Irak et en signant en mai 2004, avant tous les autres pays d'Amérique centrale, un accord de libre-échange avec Washington (Central American Free Trade Agreement, C.A.F.T.A.). Face aux difficultés économiques et sociales et au mécontentement grandissant de la population, Saca González s'est largement investi dans les campagnes de l'Arena pour les élections législatives et municipales de mars 2006, sans toutefois empêcher son parti de perdre des voix face à l'opposition du F.M.L.N. Avant le terme de son mandat – il ne peut se représenter à l'élection présidentielle de 2009 –, Saca González signe, en 2008, avec Washington l'adoption d'un plan transfrontalier pour des échanges de renseignements afin de réduire la violence des maras. Candidat à la présidentielle de 2014, il est éliminé au premier tour avec un peu moins de 11,5 p. 100 des voix.

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  • : professeur émérite d'histoire de l'Amérique latine à l'université Tulane, La Nouvelle-Orléans

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  • Noëlle DEMYK, 
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Ralph Lee WOODWARD Jr., « SACA GONZÁLEZ ELÍAS ANTONIO (1965- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 juin 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/elias-antonio-saca-gonzalez/