EGILL SKALLAGRÍMSSON (910 env.-990)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Poète islandais né vers 910 à Borg, mort en 990 à Mosfell.

Egill Skallagrímsson est l'un des plus grands scaldes (poètes) islandais. Sa vie mouvementée et son œuvre poétique sont rapportées dans La Saga d'Egill, fils de Grímr le Chauve (vers 1220), attribuée à Snorri Sturluson. Egill y est décrit comme ayant une nature double, héritée de sa double ascendance : d'un côté le caractère franc et ouvert des Vikings, de l'autre la nature sombre et taciturne des Lapons. Il est impétueux, revanchard et avide de richesse, mais c'est aussi un ami loyal, un amoureux timide et un père dévoué. Dans sa jeunesse, il tue le fils du roi Eirik à la Hache sanglante (Erik Ier) et jette une malédiction sur le roi en gravant une inscription magique en runes sur un poteau. Plus tard, il fait naufrage au large des côtes de Northumbrie (Angleterre) et tombe entre les mains d'Erik (vers 948). Il réussit à sauver sa vie en composant en une seule nuit Höfud-slausn, long poème à la louange d'Erik en vers monorimes. Un autre long poème de louange à la mémoire de son ami Arinbjörn (Arinbjarnarkvid-a) lui est attribué.

Après la mort de deux de ses fils, Egill se cloître dans son lit et veut se laisser mourir de faim. Sa fille le persuade d'écrire un poème. C'est ainsi qu'il compose vers 961 la poignante complainte Sonatorrek (« Irréparable perte des fils »). Le poème est également un portrait de famille où il pleure la mort de ses parents. Animé par son désir de vengeance, le scalde commence par maudire Odin avant de s'incliner et de louer le dieu de lui avoir accordé un tel don poétique. Quand il finit le poème, Egill reprend le cours normal de sa vie. Il atteint un âge avancé et, devenu aveugle, compose une complainte sur sa vieillesse.

—  Universalis

Classification


Autres références

«  EGILL SKALLAGRÍMSSON (910 env.-990)  » est également traité dans :

SCALDIQUE POÉSIE

  • Écrit par 
  • Régis BOYER
  •  • 2 058 mots

Dans le chapitre « Variantes »  : […] L'âge d'or de la poésie scaldique se situe entre le ix e  et le xii e  siècle. D'abord purement païenne, elle fait, après la christianisation, un effort pour éliminer des kenningar noms des dieux et références aux mythes, ce qui lui confère, un temps, une plus grande simplicité, puis, au xii e  siècle, en vertu d'un mouvement général de retour aux sources, on assiste à une réactivation de l'ancie […] Lire la suite

Pour citer l’article

« EGILL SKALLAGRÍMSSON (910 env.-990) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 août 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/egill-skallagrimsson/